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Matières premières minérales : faut-il craindre une pénurie ?

Industries February 12th, 2013, Patrice Christmann / Directeur adjoint, direction de la stratégie, responsable de la stratégie Ressources minérales, BRGM

Nos arrière-grands-parents utilisaient à peine une dizaine de métaux différents. Aujourd'hui, les objets de notre vie quotidienne comprennent plus d'une centaine d'éléments chimiques : pratiquement la totalité du tableau de Mendeleïev. Les matières premières minérales sont indispensables au fonctionnement d'une économie moderne, et en particulier au déploiement des nouvelles technologies. Les cours de certains métaux ont connu des flambées ces dernières années, et la compétition est vive pour l'accès aux ressources. Mais, au fait, que sait-on précisément de ces ressources ?

Les enjeux industriels des terres rares

Industries February 12th, 2013, Patrice Christmann / Directeur adjoint, direction de la stratégie, responsable de la stratégie Ressources minérales, BRGM

Parmi les ressources minérales critiques, les terres rares occupent une place à part, car elles sont au cœur de nombreuses technologies d'avenir : voitures électriques, smartphones, éoliennes. Les ressources sont aujourd'hui concentrées entre les mains de quelques acteurs. Cette situation peut-elle s'inverser ? Quels sont les risques pour les secteurs industriels situés en aval de la production ?

L'exploitation des gaz et pétroles de schiste fait débat. Mais que sait-on précisément sur le sujet ? Une conférence de Bruno Goffé, directeur de recherche et délégué scientifique Géo-ressource à l'Institut national des sciences de l'univers (CNRS – INSU), apporte un éclairage scientifique sur les principales questions : de quoi parle-t-on précisément, quels sont les risques, quelle en est l'ampleur, peut-on espérer les contrôler... et où en est la recherche ?

Gaz de schiste : quelles pistes alternatives à la fracturation hydraulique ?

Industries January 14th, 2013, Gilles Pijaudier-Cabot / Directeur du laboratoire des fluides complexes et leurs réservoirs et directeur de l’Institut Carnot ISIFoR, Université de Pau et des Pays de l’Adour

Aux Etats-Unis comme en Europe, la fracturation hydraulique est l'un des points les plus controversés du débat sur les hydrocarbures non conventionnels. Les atteintes à l'environnement, en particulier, font l'objet d'un véritable dialogue de sourds, et dans un sens comme dans l'autre les exagérations ne manquent pas. Les arguments avancés de part et d'autre méritent d’être entendus, mais on aurait tort de s'y arrêter : car la recherche avance et d'autres techniques émergent.

Demain les stations d'épuration des eaux usées urbaines seront bien plus que des usines de dépollution. Elles produiront de multiples ressources : de l’eau réutilisable pour les besoins humains, de l'énergie verte, du bioplastique ou des matières minérales. Pour faire entrer l’assainissement dans l'ère de l'éco-économie, les chercheurs associent biotechnologies, biochimie et microbiologie avec génie des procédés et mathématiques appliquées.

Les marchés mondiaux des matières premières ont profondément évolué depuis dix ans: les relations entre grands producteurs et grands consommateurs ont changé, la formation des prix intègre des facteurs nouveaux. Dans ce contexte, les Etats et les acteurs industriels doivent rapidement redéfinir leurs stratégies. Certains ont pris du retard.

L'équation énergétique européenne est marquée par trois contraintes: sécurité d'approvisionnement, lutte contre le réchauffement climatique et compétitivité. Mais elle se complique avec les choix allemands sur le nucléaire, l'arrivée des gaz de schiste, l'avènement des énergies renouvelables, la montée en puissance des grands émergents. Quelles conséquences pour l'Europe, et pour les poids lourds du secteur?

Gaz et pétrole de schiste: l’expérience de la Pologne

Industries February 24th, 2012, Bertrand Le Guern / Président-Directeur général, Petrolinvest

La Pologne s'est engagée en 2009 dans la production de gaz et de pétrole de schiste. Ce choix a intégré les perspectives économiques, mais aussi les questions sensibles de l'indépendance énergétique et de la sortie du tout-charbon. L'expérience polonaise est ainsi ancrée dans une situation particulière. Peut-elle servir de modèle?

La révolution des hydrocarbures non-conventionnels est aujourd'hui bien entamée. Les ressources potentielles sont immenses mais les inquiétudes sont vives. Au-delà des bonnes pratiques et du sérieux des acteurs industriels, une question majeure est la qualité de la délibération publique. Les expériences américaines et australiennes permettent de faire un premier point.

Vers une écologie industrielle

Business December 21st, 2011, François Grosse / Chargé de mission auprès du directeur général exécutif, Veolia Environnement

Pour avancer vers une économie durable, prélevant moins de ressources naturelles, on ne doit pas raisonner contre la croissance, mais avec elle. La question de la soutenabilité doit être abordée d'une manière dynamique. En partant d'une nouvelle modélisation des flux et des stocks du cycle de la matière, on peut imaginer l'économie de demain.

La révolution du gaz non conventionnel

Industries September 30th, 2011, Bruno Weymuller / Ancien responsable de l'industrie pétrolière

Rares sont ceux qui avaient anticipé l'essor spectaculaire des gaz non conventionnels aux Etats-Unis. Les responsables pétroliers américains ont très rapidement pris la mesure des conséquences pour l'avenir du secteur. Avec désormais un certain recul, la perspective s'élargit et on commence à anticiper l'apport de ces ressources aux futurs équilibres énergétiques mondiaux.

"L'âge d'or du gaz est-il arrivé ?" La réponse à cette question, posée par l'Agence Internationale de l'Energie en préambule de son dernier rapport sur le marché mondial de l'énergie, a toutes les chances d'être positive, tant les experts promettent à cette source d'énergie un brillant avenir. Les ressources non conventionnelles y sont pour beaucoup : aux Etats-Unis, le gaz de schiste en particulier a provoqué une véritable ruée vers l'or. Non sans causer de fortes inquiétudes pour l'environnement...

Terres rares: au lieu de substituer, recyclez!

Industries May 16th, 2011, Du Hua / Président de Rare Earth Systems GBU, groupe Rhodia

La décision de la Chine, prise en 2010, de limiter la production et l'exportation de ses terres rares représente pour certains industriels un risque de production majeur. C'est tout particulièrement vrai pour les chimistes. Le responsable du département terres rares pour le groupe Rhodia s'est entretenu au printemps 2011 avec ParisTech Review.

Mi-février, le cours du cuivre a battu son record historique, à 10 157 dollars la tonne sur le London Metal Exchange. S'il est redescendu depuis à un niveau plus raisonnable, cette hausse qui concerne l'ensemble des matières premières et des sources d'énergie inquiète les industriels et les pouvoirs publics. Faut-il y voir un désordre passager ou une tendance durable? Une pénurie est-elle à craindre?

Contrairement à une idée trop souvent répandue, il existe des terres disponibles potentiellement cultivables non encore cultivées, même sans empiéter sur les forêts. Le changement climatique aurait un effet légèrement positif sur ce potentiel. Le monde ne manquera donc pas de terres ce qui ne signifie pas qu'il n'y aura pas concurrence entre les divers usages (alimentaires, non alimentaires, sylvicoles, environnementaux, récréatifs, industriels et urbains, etc.).

L'échec du sommet de Copenhague a reporté sine die l'espoir d'un règlement politique international du réchauffement global. On a pointé les réticences des pays émergents et celles des Etats-Unis, sur un terrain où sont en jeu de puissants intérêts industriels. En Europe, le commissaire Semeta a vu repousser une proposition de taxe carbone, au motif que son impact économique serait incertain. Se pose donc une triple question. Où en est le débat théorique? Quelle forme prendront les prochaines avancées? Quels en seront les effets économiques?

L'explosion de la plate-forme Deepwater Horizon a porté un coup puissant à BP. Menacée dans son intégrité et sur sa pérennité, la compagnie a vu s'effondrer son cours de bourse : son action vaut environ la moitié de sa valeur d'avant la catastrophe. Mais la lourde sanction à laquelle doit faire face BP pourrait paradoxalement avoir un impact positif: en montrant les risques financiers engendrés par une gestion insuffisante du risque environnemental, elle pourrait conduire les investisseurs à prendre davantage en compte ce critère. Et pousser les gouvernements à adopter des mesures leur rappelant, si besoin est, leurs devoirs en la matière.

Aussi terrible qu'ait été la fuite du puits BP, les choses auraient pu être bien pires. D'une certaine manière, le désastre du puits Macondo dans le golfe du Mexique avait l'avantage d'être "bien" placé : il s'est produit à "seulement" 66 kilomètres des côtes et "seulement" 1500 mètres de profondeur, et a menacé l'un des pays les plus riches et les mieux assurés au monde, des caractéristiques à même de garantir une réponse médiatique, industrielle et gouvernementale colossale. Les outils de forages s'aventurent aujourd'hui dans des eaux de plus en plus profondes et lointaines - et, souligneraient certains, plus éloignées des régulateurs ; les prochaines marées noires pourraient-elles être encore plus dévastatrices ?

De nombreux experts de l'énergie solaire sont convaincus que dans la décennie à venir, le coût de production de l'énergie solaire descendra au même niveau que celui de l'électricité produite par des moyens conventionnels. Il est déjà passé de plus de 5 euros par watt il y a cinq ans à moins de 2 euros aujourd'hui. Pour l'humanité, c'est sans aucun doute une bonne nouvelle. Mais les experts estiment que de nombreuses complications se profilent au-delà de la dimension purement technique.

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