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Série Education – 5 – Devons-nous tous apprendre à coder?

Science and Technology March 17th, 2015, Serge Abiteboul / Directeur de recherche à l'INRIA, professeur à l'ENS Cachan et membre de l'Académie des Sciences

La question se posait déjà dans les années 1980, avec l'avènement de la micro-informatique: allions-nous tous devoir apprendre à programmer? Le développement de l'industrie du logiciel semblait dans un premier temps avoir donné une réponse définitive, et négative, à cette question. Mais elle revient avec insistance. Pourquoi faut-il aujourd'hui la prendre au sérieux?

Série Education – 4 – Les pratiques collaboratives dans l’éducation

Society March 12th, 2015, François Taddei / Biologiste, fondateur et directeur du Centre de recherches interdisciplinaires (CRI)

L'essor des machines condamne un certain nombre de compétences. Mais de nouvelles questions appellent une réponse humaine. Nous sommes confrontés dans le monde entier à des problèmes qu'on ne sait pas résoudre. Il faut donc développer différentes formes d'intelligence et apprendre à coopérer pour faire des choses qu'on ne saurait pas faire individuellement. Les systèmes éducatifs, qui restent essentiellement basés sur la compétition, sauront-ils répondre à ce défi?

Les enfants du numérique sont habitués à recevoir l'information très rapidement. Ils aiment les processus parallèles et le multitâche. Comme le dit le philosophe Michel Serres, ils n'ont plus la même tête. Qu'en est-il exactement? Est-ce une affaire de génération? Ces nouveaux schémas de pensée s'imposent aux éducateurs. L'École doit les prendre en compte. Pas seulement en adaptant ses méthodes, mais en s'inventant un nouveau rôle dans une société vouée à la consommation instantanée de la connaissance.

La connaissance prend une place de plus importante dans nos économies et nos sociétés, à tel point qu'une nouvelle expression est venue baptiser cette phase de développement : l'économie de la connaissance. Caractérisée par le rôle croissant de la production, de la diffusion et de l'utilisation des savoirs (le capital dit intangible ou immatériel) dans la compétitivité des entreprises et des nations, cette économie de la connaissance requiert d'enseigner aux futurs citoyens et travailleurs un ensemble rénové de compétences, en partie différent de celui développé à l'ère industrielle.

Internet a révolutionné l'accès au savoir. Comment le monde de l'éducation n'en serait-il pas bouleversé? Les institutions évoluent certes lentement et l'arrivée de nouvelles technologies, comme les MOOCs, n'a eu jusqu’ici qu'un impact limité. Tout indique pourtant que nous sommes à l'aube de grands changements. Ce ne sont simplement pas les nouveaux outils qui vont changer la donne, mais l'évolution en profondeur des sociétés et des économies.

Les temps sont particulièrement difficiles pour les chercheurs d'aujourd'hui. Le mode de financement et les contraintes institutionnelles les amènent à travailler selon des contrats à court terme pour servir des intérêt commerciaux et à faire des promesses difficiles à tenir, comme on le voit avec les ordinateurs quantiques. Les scientifiques devraient se consacrer à la recherche fondamentale, cruciale pour trouver une réponse aux problèmes qui se posent dans le monde à long terme, nous dit Serge Haroche, prix Nobel de physique. Il prône un système de formation et de recherche combinant science et sciences humaines, encourageant la curiosité et l'enthousiasme pour la science, dans un climat favorable à l'imagination et à l'innovation.

MOOCs: une révolution pour le système éducatif chinois

Society August 26th, 2014, Zhen HUANG / Vice-président de Shanghai Jiaotong University, doyen chinois de ParisTech SJTU Elite Institute of Technology

Dans un mouvement irréversible, les MOOCs pénètrent tous les niveaux du système éducatif chinois, offrant aux étudiants une liberté sans précédent pour choisir leurs cours et accéder aux meilleures ressources en matière d'éducation où qu'ils se trouvent. Certaines institutions ont ouvert la voie, mais il ne s'agit pas seulement d'une question de stratégie pour les universités. Dans un pays où une réforme de l'éducation est indispensable, les MOOCs obligent le système éducatif à évoluer.

Les MOOCs en quête d’un modèle d’affaires

Society May 28th, 2014, Pierre Dubuc / Cofondateur, OpenClassrooms

La révolution des MOOCs a pris de cours les universités et pourrait modifier en profondeur le paysage de l'enseignement supérieur. Mais quels seront les modèles économiques de ces nouveaux acteurs? Les grandes plateformes américaines ont-elles déjà gagné leur pari, et reste-t-il de la place pour les outsiders?

L'avènement des MOOCS fascine et affole les acteurs de l'enseignement supérieur. Le mot qui revient sur toutes les lèvres est "tsunami". Un grand chambardement arrive, qui touche à la fois à la pédagogie, à la place des enseignants et à celle des institutions. Cinq pionniers du mouvement au sein des grandes écoles françaises dressent un état des lieux, expliquent leur engagement et tracent des perspectives.

Les économies modernes ont un besoin crucial de chercheurs de haut niveau, mais elles ont du mal à leur offrir des emplois. À tel point que des interrogations se font jour sur la valeur réelle d'un doctorat, aussi bien pour la société dans son ensemble que pour ceux qui s'engagent dans ces études exigeantes. Y aurait-il une surproduction de docteurs? La question a été posée. Reformulée, elle ouvre sur de nouvelles perspectives.

Les progrès des neurosciences permettent de comprendre autrement des questions classiques sur les apprentissages. Des questions qui se posent aussi bien avec les enfants que chez les adultes. Dans une conférence au Club Entreprises de l'Ecole des Neurosciences de Paris, Stanislas Dehaene, professeur au Collège de France et chercheur à Neurospin, dresse un tableau des avancées spectaculaires des dernières années.

C'est une de ces idées folles dont raffole la Californie, mais celle-ci sonnait comme un cri d'alarme. Pour combler le déficit d'ingénieurs dans la Silicon Valley, de jeunes entrepreneurs proposaient d'amarrer dans les eaux internationales, au large de San Francisco, une ville flottante capable d'accueillir 2000 ingénieurs originaires du monde entier et sans visa américain... Une poire pour étancher l'inextinguible soif de matière grise des États-Unis, un pays où le peu d'appétence des étudiants pour les études scientifiques et techniques prend les proportions d'une véritable crise stratégique. Et ailleurs ?

La face cachée des Moocs

Society June 24th, 2013, ParisTech Review / Rédaction

Il n'y a plus de domaine protégé. Secteur après secteur, Internet bouscule les modèles d'affaires, impose la gratuité et renverse les rapports de force traditionnels entre les acteurs. Le commerce, les médias et bien sûr la presse écrite ont vécu cette fascinante et traumatisante métamorphose par le réseau. Tout indique que, pour l'enseignement, le supérieur en tête, l'heure est venue. Les cours universitaires en ligne sont la dernière commodité à être atteinte par la lame de fond numérique.

Laissés sur place par l'essor des jeux vidéos de loisir dans les années 1990, les serious games reviennent en force. Le taux de croissance du secteur atteindrait 30% et leur impact social et culturel est tout sauf négligeable. Dans des domaines comme la santé, la sécurité, l’éducation ou le management, ils prennent une place de plus en plus décisive. Pourquoi ?

Voyage à Okinawa, ou comment l’université japonaise se réinvente

Society July 20th, 2012, Patrick Vincent / Vice-président Finance et Administration de l’Okinawa Institute of Science and Technology

En octobre 2012, l'Okinawa Institute of Science and Technology (OIST) accueillera ses premiers étudiants. Comment développe-t-on un centre d'excellence mondial dans la nature luxuriante d'une île subtropicale ? C'est une histoire de volonté politique, mais aussi d'intelligence stratégique. Une histoire japonaise, qui a consisté à ne rien faire comme les Japonais.

Alors que la mondialisation a donné à la notion de compétitivité une dimension nouvelle, la capacité à innover s'est imposée comme un facteur de différentiation essentiel. Les grandes écoles d'ingénieur françaises, qui doivent désormais affronter la concurrence des plus grandes universités mondiales, n'échappent pas à la règle. Une étude récente publiée par l'Institut Montaigne, "Adapter la formation de nos ingénieurs à la mondialisation", souligne les défis auxquels elles doivent faire face. Le premier d'entre eux : "faire de l'innovation le moteur principal de la formation d'ingénieur".

Wikipedia vient de fêter ses 10 ans. Plus important recueil de référence jamais produit, le site met à la portée de tous des pans entiers de connaissance autrefois accessible seulement à une poignée de chercheurs dans quelques grandes librairies universitaires. Mais pour certains, l'encyclopédie collaborative, alimentée de manière bénévole, est en elle-même le symbole d'un phénomène encore plus significatif : l'avènement de la production collaborative.

Le métier d'ingénieur resterait-il une affaire d'hommes ? Pas partout. La Chine compte environ 40% d'ingénieures, et dans l'URSS des années 1980 les femmes représentaient 58% des effectifs. Mais dans les pays occidentaux et une bonne partie des économies émergentes, la féminisation de la profession reste très lente et elle semble aujourd'hui trouver une limite. Ce palier inquiète les autorités politiques. La Commission européenne pointe depuis dix ans les risques de pénuries d'ingénieurs, appelant les Etats-membres à puiser plus largement dans le vivier des talents féminins. En Australie, en Inde, la presse s'est emparée du sujet. Le US Bureau of Labor Statistics a prévenu l'an dernier que la demande d'ingénieurs informaticiens allait croître de 36% d'ici 2012 pour les seuls Etats-Unis. Il semble urgent dans ces conditions de former davantage de femmes. En commençant par se demander où sont les points de blocage.

C'est un procès qui a beaucoup mobilisé les esprits scientifiques à travers le monde, mais nulle part la polémique n'a pris les proportions quasi théologiques qu'elle a atteintes en France. Voici l'acte d'accusation : les mathématiques, par la complexité et les lacunes de leurs formules d'évaluation du risque, sont largement responsables de la crise financière qui a secoué le monde à partir de septembre 2008 et détruit une valeur immense.

Un système d’enseignement secondaire base|zéro

Society April 14th, 2010, Jean Salmona / J&P Partners & ParisTech Review

Comme tous les futurs articles de la série base|zéro, notre article inaugural est un exercice purement intellectuel. Il dessine ce que pourrait être une organisation de l'enseignement secondaire fondée sur une utilisation systématique des techniques de l'information actuellement disponibles, prenant en compte les enfants et les adolescents tels qu'ils sont aujourd'hui, et volontairement déconnectée des structures d'enseignement existantes.

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