Investissements verts: si le bâton ne marche pas, essayons la carotte!

Photo Robert Bell / Professeur de management et ancien président, Département des sciences économiques, Brooklyn College, City University de New York / February 8th, 2016

Comment agir sur le changement climatique ? Le débat actuel se concentre sur la réduction de la consommation de carbone. Mais les instruments de politique économique disponibles aujourd'hui ne sont ni efficaces, ni réalistes. La taxe carbone et les permis d'émissions sont des systèmes coercitifs. Ils peuvent marcher… s'ils sont suffisamment contraignants. Or qui accepterait de subir un stalinisme vert? Plutôt la carotte que le bâton, donc. Dit autrement : il est temps d'exploiter la créativité de l'innovation financière pour faire œuvre utile.

ParisTech Review – Dans plusieurs tribunes publiées avant la COP21, vous avez peint un tableau sombre du paysage, même au cas où un accord serait signé. Pourquoi ce pessimisme?

Robert Bell – Je me contente de regarder les chiffres. Et ce qu’ils disent, c’est que cette guerre pour sauver le climat, nous sommes en train de la perdre. Les industriels qui développent l’énergie verte ont certes progressé, mais les énergies fossiles ont fait beaucoup mieux et continueront à le faire, même avec l’effondrement du prix du pétrole. En 2013, pour chaque dollar investi dans les énergies renouvelables, on a mis quatre dollars dans les énergies fossiles. Ainsi, pour chaque dollar misé sur l’espoir (hope), il y avait, cette année-là, quatre dollars pariés sur la ruine (doom). C’est ce que j’appelle le ratio Hope/Doom. C’est une manière simple, strictement fondée sur l’investissement – qui n’est pas un mauvais prédicteur de l’avenir – de calculer si nos petits-enfants ont une chance de survivre au réchauffement climatique.

Au niveau mondial, les investissements dans l’énergie renouvelable ont baissé en 2013 pour la deuxième année consécutive, tombant à 254 milliards de dollars, selon le Financial Times du 25 juin 2014. Par contraste avec cette baisse, les données de l’Agence internationale de l’énergie montrent que, pour les combustibles fossiles, les investissements ont augmenté depuis 2011 et jusqu’à tout récemment, s’approchent du billion (1000 milliards). Des données plus récentes pour les combustibles fossiles, avec l’effondrement du prix du pétrole, ne sont pas facilement accessibles. J’ai contacté un certain nombre de sources fiables : soit elles n’ont pas encore de chiffres et disent qu’elles travaillent à les agréger, soit elles me demandent trop d’argent pour me les communiquer. Je n’arrive pas à obtenir suffisamment d’informations sur la redistribution des actifs entre actions cotées, capital-risque et fonds de placement privés. Or il y a eu beaucoup de cela avec les faillites et quasi-faillites de certaines sociétés pétrolières. Certaines des entreprises survivantes, ainsi que des fonds vautours, rachètent aujourd’hui des actifs à bon marché, mais cela représente encore beaucoup d’argent. L’investissement total dans les combustibles fossiles a glissé vers le bas, mais probablement pas autant que ne le suggère la baisse des investissements dans les actions pétrolières et gazières.

En 2014, l’Agence internationale de l’énergie a souligné, dans son rapport sur les perspectives énergétiques mondiales (World Energy Outlook), que la « part actuelle des énergies fossiles dans le mix mondial d’énergie primaire », soit 82%, était « exactement la même qu’il y a 25 ans ».

Les investissements dans les énergies renouvelables ont certes augmenté un peu ces derniers temps, atteignant environ 329 milliards de dollars en 2015, selon Bloomberg New Energy Finance. Mais il n’y a pas de quoi sabrer le champagne. Mon collègue new-yorkais Oleg Rusetsky a trouvé une citation significative page 41 du rapport spécial sur l’énergie et le changement climatique préparé par l’Agence internationale de l’énergie pour la COP21. Dans son scénario sur le monde en 2030, l’AIE écrit : « Ni l’ampleur, ni la composition des investissements du secteur énergétique dans le scénario de l’INDC [c.-à-d. les annonces nationales de cibles de réduction des émissions de carbone] ne suffisent à faire avancer le monde vers une limitation du réchauffement à 2°C [en 2030]. L’investissement cumulé dans les combustibles fossiles représente près de 45% du total des investissements en énergie, tandis que les investissements dans les énergies bas carbone représentent 15%. »

Ainsi, en se fondant sur les projections de l’AIE fondées sur les réductions d’émissions annoncées à la COP21, nous avons toujours un ratio Hope/Doom de 15/45 = 1/3 d’investissements escomptés pour les 15 prochaines années.

Le compte n’y est pas. Si nous voulons inverser significativement le ratio Hope/Doom, il faut que l’investissement dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique atteigne quatre fois sa taille de 2013, pour atteindre un billion de dollars chaque année à l’horizon 2030.

Même si les projections incitent au pessimisme, il existe aujourd’hui une volonté politique d’avancer. Que pensez-vous des instruments disponibles en termes de politiques publiques?

Ils ont un problème fondamental qui les condamne à l’échec. Ils se concentrent sur le négatif, en visant à réduire la consommation de carbone, et suggèrent un objectif presque impossible – taxer les activités existantes. En mettant de côté quelques pays petits mais admirables, comme la Suède, il a été politiquement impossible, jusqu’ici, de taxer le carbone au niveau nécessaire pour que cela change vraiment la donne. Et les systèmes de permis (cap and trade) sont ouverts à de trop nombreux abus. Les systèmes de permis impliquent que les Etats se réunissent pour fixer des limites aux émissions de carbone et laissent ensuite les marchés financiers distribuer les permis de brûler ce carbone. Les Etats sont censés être honnêtes et les marchés financiers efficaces. Au lieu de cela nous obtenons l’efficacité des Etats et l’honnêteté des marchés… Le seul système existant à grande échelle, en Europe, donne un prix dérisoire de 5 à 7 euros par tonne de carbone.

Compte tenu de ce que nous savons des Etats et des marchés, je ne vois pas pourquoi cela changerait. Croit-on sérieusement qu’une coalition d’Etats puisse faire mieux que l’Union européenne ? Dans un siècle ou deux, peut-être. Mais il s’agit d’agir maintenant.

Soyons donc réalistes. Aucune taxe significative sur le carbone n’existe dans un grand pays, et l’on comprend facilement pourquoi : tout dirigeant politique qui la proposerait serait assuré de perdre les élections. Les rares systèmes de permis qui ont été expérimentés ont fait la preuve de leur inefficacité. En plus de ces obstacles politiques quasiment impossibles à surmonter jusqu’ici, ces systèmes, si jamais on arrivait à les mettre en œuvre sérieusement, forcent les gens à changer leur comportement, ce qui peut être une excellente idée, mais s’avère très difficile à réaliser dans la plupart des secteurs d’activité humaine.

Les permis d’émissions et les taxes carbone sont fondamentalement des systèmes coercitifs. Avec les permis, la quantité totale de carbone est limitée par l’État ou par un organisme public, et vous devez acheter votre droit d’émettre du CO2. Avec les taxes sur le carbone, vous devez payer des impôts. Bien sûr, les systèmes coercitifs peuvent fonctionner, s’ils sont suffisamment coercitifs. Mais qui veut vivre dans le stalinisme vert?

Mieux vaut donc oublier le bâton, et essayer la carotte?

Exactement. Nous devons récompenser l’investissement dans ce que nous voulons, et non punir l’investissement dans ce que nous ne voulons pas. Et à partir de là, il faut laisser faire les forces du marché.

L’histoire récente peut nous aider. Car les politiques d’incitations sont l’une des bases de l’essor du commerce en ligne dans les années 1990 et 2000. Dans de nombreuses juridictions, les sites d’e-commerce n’étaient pas taxés, ce qui permettait d’encourager la croissance du secteur et lui offrait un avantage substantiel par rapport aux activités off-line. Certains des acteurs traditionnels l’ont compris et se sont lancés dans le commerce électronique, simplement pour rester dans le jeu concurrentiel, et ils ont ainsi accéléré la tendance.

Voici donc ma suggestion : au lieu de taxer le carbone, nous devrions défiscaliser les investissements de long terme dans les énergies renouvelables. Les bénéfice de ces investissements ne devraient tout simplement pas être taxés, à aucun niveau, exactement comme aux Etats-Unis les ventes en ligne n’ont été assujetties à l’impôt ni au niveau fédéral, ni au niveau des Etats, ni au niveau local. Les dividendes des pure players des énergies renouvelables devraient eux aussi être libres de taxes, et ceux versés par des acteurs opérant dans les deux types d’énergie ne devraient être taxés qu’en proportion de leurs composants non-renouvelables, tels que déterminés par les autorités fiscales compétentes.

Il s’agit d’un mouvement radical. La consommation d’énergie renouvelable devrait également échapper aux taxes, au moins pendant un certain temps, jusqu’à ce que le secteur ait suffisamment crû pour que les consommateurs n’aient plus besoin d’être encouragés. Les investissements dans les combustibles fossiles devraient continuer à être taxés comme aujourd’hui (en n’oubliant pas que l’énergie fossile fait l’objet de subventions massives, directes ou indirectes, ou d’exemptions d’impôts significatives, dans le gaz de schiste aux États-Unis, par exemple). Une telle politique inciterait fortement les grands électriciens et les compagnies pétrolières à accélérer le mouvement en direction des énergies renouvelables et à sortir de la culture du combustible fossile.

N’êtes-vous trop optimiste sur la capacité des acteurs en place à s’engager aussi fortement dans un tel virage stratégique?

La plupart d’entre eux ont entamé ce mouvement. Bien sûr, même avec une forte incitation fiscale les dirigeants pourraient résister au changement, soit par habitude, soit pour ne pas brutaliser les organisations de production. Dans certains pays les distributeurs pourraient refuser d’acheter de l’énergie (électricité ou gaz) produite à partir de sources renouvelables. Néanmoins, d’un point de vue plus élevé cela ne serait pas un obstacle, mais une opportunité. Il y aurait tant d’argent frais dans le jeu, attiré par la défiscalisation, que des concurrents aux acteurs en place se développeraient un peu partout. Les industries dont ce n’est pas la spécialité verraient peut-être dans l’avantage fiscal une incitation à produire leur propre énergie et ensuite de le vendre à des clients à proximité. Déjà, avec les batteries de serveurs informatiques qui consomment une quantité d’énergie considérable, un certain nombre d’entreprises technologiques mettent en place leur propre production d’énergie renouvelable. Yahoo, Google, Apple, et les fournisseurs de réseau de téléphonie pourraient devenir de nouveaux producteurs d’énergie. Cette concurrence inopinée constituerait pour les acteurs en place une puissante incitation à entrer dans le jeu.

Ce processus est largement entamé en Allemagne, où plus 25 % de l’électricité est maintenant produite à partir de sources éoliennes et solaires. Le plus grand énergéticien du pays, Eon, s’est scindé en deux unités le 1er janvier dernier, conservant dans son giron les énergies renouvelables, les services commerciaux et les services énergétiques et bradant ses unités de combustibles fossiles dans une entreprise distincte, maintenant appelé Uniper. On pourrait dire qu’Eon n’avait pas d’autre choix dans le contexte allemand. Et de fait, son concurrent RWE a annoncé quelques semaines avant la scission d’Eon qu’il ferait la même chose. Ces divisions pourraient se multiplier, si nous croyons, comme je le fais, Johannes Teyssen, le PDG d’Eon: « Le simple fait que des entreprises comme [Google et Apple] commencent à investir montre qu’il faut se préparer à l’arrivée de nouveaux concurrents » (Financial Times, 2 décembre 2015).

Je ne pense donc pas que je suis trop optimiste. En fait de nombreux signes indiquent déjà l’arrivée de joueurs nouveaux, puissants et intelligents, dans le domaine de l’énergie. Le jeu est en train de changer. Une détaxation généralisée des investissements dans la production sans CO2 ne ferait qu’accélérer ce changement.

Qu’en est-il des Etats? Quelle serait leur motivation?

En un mot, l’effet de levier. Ils abandonnent quelques recettes fiscales en faveur des investissements verts, et obtiennent en échange une beaucoup plus grande quantité de recettes fiscales dans l’écosystème qui se développera autour de ces investissements. C’est précisément ce qui s’est passé dans les régions qui ont développé des pétroles et gaz de schiste aux Etats-Unis. Le code fédéral des impôts américains autorise les foreurs à amortir 100% de tous les frais qu’ils peuvent associer au forage et à la fracturation hydraulique dans l’année où ils percent le trou. Donc si les compagnies percent assez de trous, elles peuvent ne plus payer aucune taxe fédérale. Le PDG de Chesapeake Energy, l’un des grands acteurs du secteur, annonçait fièrement il y a deux ans que son entreprise avait foré et fracturé quelque 16 000 trous depuis sa fondation en 1989. Multipliez ce nombre par 3 ou 5 millions de dollars par trou, et vous avez une idée de l’avantage fiscal dont a bénéficié cette société ! Evidemment, tous les autres ont fait la même chose, produisant ce que les médias ont présenté comme la « révolution » du pétrole de schiste. Et les recettes fiscales dans les zones de forages ont fait un bond spectaculaire. Les administrations locales avaient plus d’argent qu’elles n’en pouvaient dépenser. Le gouvernement fédéral a de son côté récupéré sa mise sur les charges sociales et les transactions boursières liées au boom de cette activité. Les actions, pendant un certain temps, montaient continuellement, et chaque transaction se traduisait par des recettes fiscales pour le gouvernement fédéral.

Gardez cependant à l’esprit que je ne propose pas d’appliquer une taxe zéro ou d’autres avantages fiscaux à n’importe quel investissement vert, mais aux seuls investissements dans la production de l’énergie verte. L’objectif est d’accélérer le développement massif d’une industrie de l’énergie verte, tout comme la défiscalisation a permis, aux États-Unis, de faire surgir une industrie complète des pétroles et gaz de schiste. Du point de vue du réchauffement global et de l’environnement, cette industrie est une catastrophe. Mais une incitation fiscale similaire en faveur de la production d’énergie décarbonée pourrait avoir de bien meilleurs effets.

Il y a quand même un problème : aux Etats-Unis justement, la bulle du schiste est en train d’éclater.

Toutes les bulles finissent par éclater. La bulle Internet a éclaté, mais le développement de cette bulle nous a donné la nouvelle économie, avec ses communications sans limites, ses téléphones intelligents, les nouvelles applications qui surgissent chaque jour, etc. La bulle verte éclatera elle aussi et certains investisseurs perdront leur chemise, mais elle nous aura donné une énergie beaucoup plus propre.

Parlons de l’effet économique. Ne ne sera-t-il pas, sinon marginal, du moins limité?

Tout dépend du système d’incitations fiscales. Le cabinet KPMG a publié un rapport sur les politiques d’incitations fiscales de quelque 30 pays, dont la Chine. Il y a beaucoup de façons différentes de concevoir ces politiques, et je ne prétends pas savoir lesquelles sont les meilleures – qui varieront en fonction du pays considéré. Notons au passage que le rapport ne mentionne même pas les gaz et pétroles de schiste en Amérique. Pour répondre à votre question, de deux choses l’une : soit la politique fiscale a beaucoup d’effet – et elle va très probablement créer des bulles, comme je le raconte dans mon livre The Green Bubble – ; soit ses effets sont limités. Or nous sommes dans une situation qui impose de prendre des risques : nous devons limiter rapidement le réchauffement climatique, et tout ce qui va dans ce sens et crée de la prospérité, même si celle-ci ne dure qu’un certain temps, est bon à prendre. Ces derniers temps, du reste, toute prospérité ne dure qu’un certain temps.

C’est un fait bien connu que les gestionnaires de fonds et de banques d’investissement ont une mentalité moutonnière. Si pour une raison quelconque, ils décident tous ensemble d’investir dans les énergies renouvelables et qu’ils le font suffisamment longtemps – disons 25 ans – alors ils pourraient effectivement sauver la planète. Longtemps, l’investissement dans les énergies renouvelables a été considéré comme très risqué, et les arbitrages étaient en outre très sensibles à des facteurs externes tels que les prix du pétrole. Lorsque le troupeau des gestionnaires de fonds se sont mis en mode « risk off », ils ont vendu leurs participations dans les énergies renouvelables. Quand ils ont décidé de prendre des risques, les investissements dans les renouvelables ont augmenté. Pour que les marchés aient une action significative contre le réchauffement climatique, il faudrait soit une très longue période de prise de risque, soit une très longue période « risk off », avec les énergies renouvelables repositionnées comme des investissements sûrs. Il est possible que nous soyons entrés dans une telle période : les prix du pétrole se sont effondrés, les investissement dans l’exploration et l’exploitation de nouveaux gisements ont diminué, et les investissements dans l’infrastructure énergétique renouvelable ont augmenté – un renversement de tendance. Tout cela est dû en grande partie à la décision des Saoudiens, qui ont un coût de production de 4 à 6 dollars le baril, de tuer les investissements dans le pétrole cher – sables bitumeux, pétrole de schiste, etc.

Cette décision saoudienne survient dans un contexte particulier : les voitures électriques ont fait des progrès spectaculaires et commencent à disrupter le marché ; de grands électriciens comme Eon abandonnent leur centrales à charbon et à gaz en faveur des énergies renouvelables ; l’efficacité énergétique progresse à grand pas ; éoliennes et panneaux solaires gagnent aussi en efficacité et deviennent compétitifs ; enfin le monde reconnaît enfin la réalité et l’urgence de la question climatique, ce qui peut contribuer à l’acceptabilité sociale des parcs éoliens. Par ailleurs les investisseurs qui ont perdu leur chemise dans les forages en eau profonde, le pétrole de schiste et les sables bitumineux ont appris leur leçon – même si certains venture capitalists et autres fonds vautours sont prêts à racheter leurs investissements. Enfin, les Saoudiens eux-mêmes parlent d’introduire en bourse Saudi Aramco – en d’autres termes, ils cherchent à se débarrasser de leurs actifs dans les énergies fossiles auprès d’investisseurs crédules.

Bien entendu, ce nouveau contexte n’est pas durable. Les prix du pétrole peuvent (et vont) rebondir une fois ou deux, notamment si un grand pays producteur sort du jeu pour une raison politique ou géopolitique. C’est précisément pourquoi il me semble nécessaire de forcer la tendance avec des politiques d’incitations capables de pérenniser les investissements verts. Cela consisterait notamment à développer de nouveaux véhicules d’investissement, conçus pour les investissements verts à très long terme, une durée du même ordre que la crise climatique lui-même. Certains acteurs comme la Caisse des Dépôts et Consignations, en France, le font déjà. On pourrait aussi mobiliser l’épargne privée en lançant des fonds dédiés aux énergies vertes avec un lock-up de 25 ans. J’ai proposé ce mécanisme, baptisé pour l’occasion « green redemption fund », lors du G20 de Séoul en 2010. L’idée de rédemption n’était pas à comprendre au sens religieux, mais plutôt comme une façon de racheter notre honneur, quand nos enfants et nos petits-enfants nous demanderont ce que nous avons fait pour éviter la catastrophe climatique. J’ai proposé que la société civile, notamment les organismes religieux, les fondations, certains fonds privés et des fiducies familiales, établissent des fonds de rachat verts à très long terme pour financer le sauvetage de la planète. L’argent serait investi exclusivement dans les technologies vertes, les fonds seraient bloqués pendant une très longue période, et tous les dividendes seraient réinvestis. Ces fonds offrent par ailleurs une réponse au problème de la bulle verte. Lorsque les prix des actifs verts chutent, comme cela est déjà arrivé et que cela arrivera à nouveau, ces véhicules d’investissements peuvent disposer des fonds ou du pouvoir d’emprunter pour les racheter à un prix avantageux.

Le défi climatique est énorme. Il requiert une réponse de même ampleur que la crise. Il est temps d’utiliser la créativité sans limite de l’innovation financière au bénéfice de l’humanité, et non à son détriment.

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