Née il y a une vingtaine d'années, la microfinance a le vent en poupe et débarque dans les pays développés. Le contexte n'est pas le même, et des questions nouvelles se posent. Mais le modèle originel, centré sur une offre de crédit aux micro-entrepreneurs, a déjà profondément évolué. En se professionnalisant, les institutions ont mesuré les limites de leur approche initiale, et pour y répondre elles se sont engagées dans une vague d'innovations.

En ouverture de la table ronde, Julie Siwicki a présenté US Financial Diaries, un projet de recherche qui a suivi de plus de 200 ménages américains à revenu faible ou modeste et qui a recueilli des données très détaillées sur leur activité financière. Ce projet est une initiative conjointe de la Financial Access Initiative de l’université de New York, du Center for Financial Services Innovation et de Bankable Frontier Associates. Avec son équipe, Julie Siwicki a rencontré les ménages toutes les deux semaines pour comprendre leurs dépenses et repérer les types de prêts et de crédit auxquels ils avaient recours. L’équipe de recherche a commencé à analyser les données et a publié des conclusions préliminaires. (De nouveaux travaux seront mis en ligne au fur et à mesure sur le site web www.usfinancialdiaries.org.)

L’une des principales conclusions du projet est la grande similitude les besoins des entreprises et ceux des ménages. Julie Siwicki évoque ainsi le cas des Garza, une jeune famille de Californie dont le style de vie illustre parfaitement un ensemble de problématiques très courantes. Le montant de leurs revenus est difficile à anticiper. Bien que le mari ait un emploi, la famille dépend aussi des bons d’alimentation, observe-t-elle. « Ce qui contribue à la volatilité de leur revenu, c’est que la femme est un travailleur indépendant : elle prend des commandes pour ses clients et achète des produits en leur nom. Son activité est en dents de scie, et elle ne sait jamais combien elle va gagner dans le mois », note la chercheuse.

Comment font les Garza pour relever ces défis ? « Emprunt, crédit, épargne, assurance, tous ces éléments sont fortement interconnectés », souligne Julie Siwicki. Les Garza ont également recours à des réseaux informels. « Le mari et la femme font partie d’une tontine – un système où les gens se réunissent tous les quinze jours, et tout le monde met dans la cagnotte un montant X. Ils participent à la cagnotte – et cette dernière circule jusqu’à ce que chaque membre l’ait reçue intégralement. C’est une façon informelle d’emprunter et d’épargner en même temps. Et en matière de microfinance, ajoute-t-elle, il est très important d’avoir une vision d’ensemble, de dépasser ce qui semble à première vue définir les contours de l’emprunt. » En outre, pour les personnes à faible revenu dans de telles communautés, « une grande part des prêts provient de la famille et des amis, et nous avons tenté de quantifier tout cela dans nos recherches ».

Au-delà de cette panoplie d’outils informels, les Garza ont également recours à des outils financiers formels et conventionnels, ajoute-t-elle. Ils ont quatre cartes de crédit différentes, avec lesquelles ils jonglent pour joindre les deux bouts. « Aux États-Unis, même pour les personnes à faible revenu, qui sont très nombreuses, les cartes de crédit sont très faciles d’accès… Le crédit est très répandu, et il fait partie de la culture du pays. Il est indispensable de bien des façons. Pour acheter une maison, posséder une voiture ou trouver un emploi, vous devez absolument avoir une bonne note de solvabilité. » Contrairement au cas de nombreuses économies en développement, « le crédit est largement disponible aux Etats-Unis, quitte à passer par un prêteur sur gages ou par un pawn shop, un mont de piété privé ».

Cependant, pour les familles à faible revenu, le crédit constitue à la fois une opportunité et un risque. « Il est nécessaire pour ouvrir les portes, mais il peut aussi devenir un obstacle terrible. Vous pouvez vous enliser dans de nombreuses de dettes, qui vous empêcheront de vous renflouer financièrement… aux États-Unis, les outils capables de répondre à ces besoins et à ces risques qui sont si spécifiques restent à inventer ».

La spirale du surendettement
Vanessa Carter, directrice générale de Lend for America, un organisme de prêt situé à San Francisco, a abordé la question de la bancabilité, en la rattachant aux opportunités et aux risques de la distribution de crédit aux ménages à faible revenu. « En tant que fournisseurs de microfinancement aux États-Unis, l’un de nos principaux objectifs est d’aider les gens à devenir bancables, pour les aider à accéder aux services financiers ordinaires. » Son entreprise permet notamment aux leaders étudiants de structurer leurs communautés par le biais de la création, au sein du campus, d’institutions de microfinance.

« Oui, le crédit est facilement disponible, mais ce n’est pas toujours du bon crédit – ou du crédit abordable. La spirale du surendettement empêche les gens de s’extraire de la pauvreté et d’atteindre de nouvelles possibilités économiques. Nous, fournisseurs américains de microfinancement, pensons que lorsque nos clients nous parviennent, ils sont engagés dans une démarche de long terme pour constituer des actifs. Nous sommes une étape de ce parcours. Nous les aidons à aller de l’avant et à bâtir des entreprises plus fortes de façon à ce qu’ils puissent se construire une meilleure vie. » L’accès au crédit est un moyen fondamental pour atteindre cet objectif, observe-t-elle.

Une différence essentielle entre la microfinance à l’étranger et la microfinance aux États-Unis est le rôle des cotes d’évaluation FICO, qui centralisent le risque de crédit, poursuit Vanessa Carter. « D’aucuns diront que la meilleure façon d’aider les gens est de se débarrasser des dettes. Mais c’est une vision à courte vue, car aux États-Unis il est essentiel d’avoir un crédit en cours afin d’avoir une cote FICO. Celle-ci vous donne accès à des prêts moins chers. Des recherches ont montré qu’une personne peut économiser plus de 250 000 $ au cours de sa vie si elle jouit d’un meilleur score de crédit. Malgré – ou à cause de – la grande disponibilité du crédit aux États-Unis, on estime qu’environ 40 millions de personnes n’ont accès qu’à du crédit toxique ou au mieux médiocre. C’est par conséquent un problème très répandu. »

Quel rôle peut jouer la microfinance pour relever ce défi ? « Le plus important avec FICO est d’avoir des lignes de crédit actives, avec des échéances payées en temps et en heure », ajoute Vanessa Carter. Ce n’est qu’en 2006 que les institutions de microfinance ont pu envoyer leur données d’organismes prêteurs aux bureaux de crédit américains. « Et à présent, les clients de la microfinance sont en mesure de faire reconnaître leurs paiements. C’est un réel progrès. » Quelques institutions de microfinance ont innové autour de ce processus, ajoute-t-elle, en accordant à des entrepreneurs et de simples consommateurs des prêts « credit-builder », dont l’objet est précisément de restaurer leur profil d’emprunteur.

Adapter les innovations étrangères
Selon Alexandra Fiorillo, directrice de GRID Impact, un institut mondial de recherche, d’innovation et de conception entrepreneuriale, basé à New York, le secteur américain de la microfinance est généralement considéré comme « terne » par rapport à ses homologues étrangers en matière d’innovation. « C’est en grande partie dû au fait que nous avons une solide réglementation : dans beaucoup de pays en développement, cette réglementation n’est pas aussi draconienne. Les techniques de supervision n’y sont pas aussi fortes que dans les marchés développés. »

Elle estime que cette absence de réglementation est comme une épée à double tranchant. « D’un côté, nous avons beaucoup de chance, aux États-Unis, de pouvoir compter sur des politiques solides, à même de protéger les personnes et les institutions. De l’autre, il y a de plus en plus de voix qui s’élèvent pour dire que tous ces règlements ont tendance à étouffer l’innovation, à la tuer dans l’œuf. »

Récemment, un organisme américain de microfinance a demandé à son groupe de recherche de l’aider à développer un nouveau produit de prêt destiné aux particuliers n’ayant jamais signé de contrat avec une institution financière – les personnes qui ont des cotes FICO inférieures à 450, voire qui n’ont absolument aucun score de crédit. « Que devons-nous avoir en tête, lors de la conception de ce produit, pour garantir les meilleurs résultats financiers possibles à la fois pour notre institution et pour nos emprunteurs ? », a demandé cet organisme. « Comment devons-nous parler à nos clients ? Que faut-il faire pour minimiser les risques et la volatilité potentielle de notre portefeuille, bien que nous soyons vraiment déterminés à cibler ces personnes à faible revenu? »

« Notre client s’est montré très curieux d’apprendre quelles innovations les établissements à l’étranger intégraient dans leurs portefeuilles de prêts, et parmi ces montages, de voir lesquels pouvaient être importés aux États-Unis », détaille Alexandra Fiorillo. « La microfinance est l’un des rares domaines où c’est à l’étranger que se font la plupart des innovations. Par conséquent, ici, les institutions commencent à regarder ce qui se fait ailleurs. Il y a beaucoup de recettes que nous pouvons adopter aux États-Unis afin d’améliorer les services financiers institutionnels pour les pauvres. Et il faut mener beaucoup plus de recherches, ne serait-ce que pour mieux comprendre la façon dont les ménages modestes gèrent leurs revenus. »

Du faux départ au vrai produit innovant
Traditionnellement, le principal outil de la microfinance a été le microcrédit, accordé aux entrepreneurs à faible revenu qui y ont eu recours pour démarrer des entreprises familiales. Cependant, rapporte Elizabeth Rhyne, depuis quelques années la filière lance de nouvelles pistes dans de multiples directions.

Directrice générale du Center for Financial Inclusion – qu’elle décrit comme une « cellule de réflexion tournée vers l’action », Elizabeth Rhyne était auparavant vice-présidente d’Accion, un organisme à but non lucratif qui soutient les institutions de microfinance dans leurs efforts pour fournir des services financiers aux groupes à faible revenu. Chez Accion, elle a aidé à développer de nouveaux produits financiers en Afrique, en Inde et ailleurs.

microfin

Tout a commencé avec des prêts aux micro-entreprises, explique-t-elle. « Ces prêts ont jeté des bases fiables et très solides pour l’avenir, en affermissant l’idée que les personnes à faible revenu contribuent à leur propre développement, qu’elles peuvent rembourser leurs prêts, et que leur risque de crédit peut être considéré comme acceptable ». En outre, cette expérience a aussi montré qu’il était possible de « construire une entreprise prospère, dont l’activité est de fournir des prêts aux personnes à faible revenu. » Cela étant posé, « il reste bien des choses à apprendre sur la façon de bâtir un établissement financier, qui réponde à la double règle d’être à la fois très efficace et orienté vers les besoins d’une population à faible revenu. »

Lorsque le secteur a développé le concept d’institution micro-financière, il s’agissait, rappelle Elyzabeth Rhyne, d’offrir du crédit aux emprunteurs à faible revenu, mais aussi d’acquérir formellement une licence d’établissement financier.

Le marché existe. Quelque 200 millions de personnes dans le monde empruntent à des institutions de microfinancement – « 200 millions de personnes qui, selon toute vraisemblance, n’avaient aucune chance d’accéder à une forme conventionnelle de crédit avant que la microfinance ne voie le jour ».

Pour autant, ajoute-t-elle, « les choses se sont compliquées quand nous avons découvert que certains des postulats fondamentaux de la microfinance étaient erronés ou incomplets. J’ai été un ardent promoteur de la microfinance pendant de nombreuses années, et j’ai adhéré à tous ces postulats de départ. Aujourd’hui, avec le recul, je pense que certains problèmes auraient dû nous sauter aux yeux ».

On a notamment réalisé que le crédit n’est pas le seul besoin financier des gens. « Cela apparaît aujourd’hui comme une évidence », confie Elizabeth Rhyne, mais dans les premières années, la filière concentrait toute son attention sur les avantages que représentaient les microcrédits pour les populations à faible revenu. « Or, les gens ont également besoin d’épargne, c’est un moyen de construire un patrimoine ; l’épargne est le revers du crédit. Plus vous avez d’économies, moins vous avez besoin de crédit. Et si vous détenez plus d’économies, vous pourrez bénéficier de plus de crédit. »

L’épargne est un premier point, mais ce n’est pas le seul. Un enjeu essentiel est l’accès à l’économie formelle, c’est-à-dire au système bancaire. Les acteurs de la filière ont réalisé à quel point il était important de permettre aux pauvres d’effectuer des paiements financiers, explique Elizabeth Rhyne. « Effectuer des paiements, faire un virement, voilà qui semble tout à fait trivial pour nous », dans une société qui a développé une infrastructure pour mener à bien de tels paiements où qu’on se trouve. Mais il est important de rappeler que dans des activités à la limite de l’informel, « quand les transactions se font exclusivement en espèces, il y a beaucoup de problèmes qui viennent se greffer — sans parler du fait que l’on devient une cible ambulante pour les criminels quand on transporte à pied des liasses de billets ». Or ce problème bien connu dans les pays en développement n’est pas absent des économies développées. Même aux Etats-Unis, une frange de la population n’a tout aucun compte en banque.

Les produits d’assurance sont un autre domaine où les institutions de microfinance ont appris à s’investir. « La vulnérabilité est une des grandes caractéristiques de la pauvreté », déclare Elizabeth Rhyne. « Donc, atténuer ses inévitables inconvénients en fournissant une assurance aux personnes à faibles revenus est un outil financier majeur. »

Ces dernières années, les institutions de microfinance ont aussi commencé à prendre conscience du fait que fournir du crédit ne change pas autant la donne qu’on l’avait initialement supposé. « Même s’il y aura toujours une poignée de personnes qui parviendront à utiliser la microfinance pour mettre sur pied une entreprise, ce n’est pas le cas de la majorité des personnes qui reçoivent un prêt, note Elizabeth Rhyne. La plupart n’auront pas d’autre choix que d’allouer ces ressources à leur consommation… et leur entreprise ne passera pas au cap suivant, en partie parce que nombre d’entre eles ne le souhaitent pas mais aussi et plus largement parce que beaucoup font face d’autres barrières. »

Quant au piège du surendettement, la microfinance n’y échappe pas complètement. « C’est le genre de problème que la microfinance était censée résoudre, parce que ses promoteurs avaient une conscience aigüe du fait que dans le crédit officiel, beaucoup de difficultés surviennent lorsque les gens mettent le doigt dans l’engrenage de la dette », observe Elizabeth Rhyne. « Mais la microfinance est une forme plus douce, plus bienveillante d’endettement. Elle n’empêche pas un certain pourcentage de gens de replonger. »

Les institutions face à leurs contradictions
En outre, le secteur de la microfinance doit admettre l’existence d’un décalage entre les différentes motivations et incitations, analyse-t-elle encore. « La motivation de chaque institution de microfinance est de prêter davantage. Si votre façon de gagner de l’argent est d’en prêter, alors vous cherchez à prêter davantage. Il existe donc une vraie incompatibilité entre le projet d’aider les gens et l’objectif de prêter davantage. Il est difficile pour un prêteur de déceler la différence et d’être capable de faire la différence entre ceux qui ont besoin d’argent et à qui il faut en prêter, et ceux qui ont besoin d’argent mais à qui il ne faut pas en prêter. Il s’agit d’un problème récurrent. Le résultat ? Il y a eu une série de crises autour de la question du surendettement. Nous devons nous montrer plus prudents dans la distribution du crédit. Nous devons mieux protéger nos clients. Et devons fournir une gamme de produits et de services qui dépassent le simple crédit de microfinance. Tout cela a été un défi auquel l’industrie de la microfinance a dû apprendre à faire face. »

Le secteur traite cette question à travers le Microfinance CEO Working Group, qui réunit plusieurs organisations internationales de premier plan. Le groupe réunit les dirigeants de huit organisations internationales de microfinance : Accion, FINCA International, Freedom from Hunger, Grameen Foundation USA, Opportunity International, Pro Mujer, VisionFund International et Women’s World Banking.

Ces institutions sont en pointe dans l’élaboration de nouveaux types de produits et services qui, s’ils trouvent leurs origines dans le monde de la microfinance, se développent dans d’autres domaines au service des communautés et des particuliers à faible revenu. Au-delà de produits plus conventionnels en matière d’épargne, de crédit, de paiements et d’assurances, leur offre recoupe également les besoins dans des domaines comme le logement, l’énergie, l’agriculture et la petite entreprise.

Des programmes innovants
Parmi toutes ces expériences, Elizabeth Rhyne met l’accent sur les innovations dans un domaine particulièrement intéressant : les services de santé. Si ce secteur est aussi dynamique en matière d’innovations liées à la microfinance, c’est peut-être parce que les questions de santé sont en soit un des nœuds du problème, une des principales raisons pour lesquelles les gens ne parviennent plus à rembourser leurs prêts. Les institutions de microfinancement sont donc très sensibles à l’importance de ces questions pour les familles à faible revenu.

On peut citer quelques institutions de premier plan, qui ont développé des programmes innovants en matière de services de soins.

La première est la Women’s World Banking, une organisation à but non lucratif qui offre à des femmes à faible revenu, dans le monde entier, l’accès à des outils financiers et à des ressources essentielles. En 2010, elle a lancé en Jordanie un produit qui couvre les frais d’hospitalisation et même une partie des revenus perdus lorsque ces femmes doivent effectuer un séjour à l’hôpital.

En Amérique Latine, Pro Mujer offre aux femmes des prêts pour la petite entreprise, l’éducation et le logement, ainsi que des comptes d’épargne et d’assurance-vie. L’organisation recrute également des infirmiers et des médecins qui mettent en place des cliniques à partir des bureaux de Pro Mujer. Dans certains cas, quand les clientes se rendent dans leurs établissements de microfinance, elles ont aussi accès aux services de santé, en grande partie axés sur la santé maternelle et la grossesse. Enfin, étant donné que les maladies chroniques telles que le diabète et les cardiopathies sont devenues plus fréquentes dans la région, les services pour les traiter ont été renforcés dans ces cliniques.

La Grameen Foundation, qui est basée aux Etats-Unis, a commencé à tirer parti des téléphones portables comme moyen de se connecter directement avec les personnes à faible revenu. En matière de services de santé, ils ont une application mobile appelée MoTech, qui permet la communication entre les patients à faible revenu et leurs aidants. Elizabeth Rhyne cite un exemple remarquable, celui de patients séropositifs en Inde qui doivent prendre leurs médicaments chaque jour. « L’un des gros problèmes avec ce genre de médicament est que si les gens le prennent bien chaque jour, son efficacité est grande ; mais les gens ne pensent pas toujours à le prendre. MoTech envoie donc un message automatisé tous les matins à la même heure : “Bonjour, avez-vous pris votre médicament aujourd’hui ? Appuyez sur 1 si oui, sinon appuyez sur 2.” S’ils appuient sur la touche 1, c’est très bien. Mais s’ils appuient sur 2, MoTech envoie un autre message une demi-heure plus tard : “Et maintenant, avez-vous pris vos médicaments ? Appuyez sur un si oui, sur deux sinon. ” »

Accion International Venture Lab, un fonds d’investissement, fournit « capital d’amorçage et de soutien aux start-up innovantes de l’inclusion financière, favorisant l’expérimentation et la promotion de modèles d’affaires qui améliorent l’accès au financement pour les personnes vivant dans la pauvreté dans le monde entier », selon l’organisation. Elizabeth Rhyne cite notamment les investissements de Venture Lab dans MeraDoctor, un service de téléphonie mobile basé en Inde qui permet aux abonnés à faible revenu de communiquer avec les médecins 24 heures sur 24, sept jours par semaine, simplement en utilisant leur téléphone portable. Entre autres avantages, les médecins peuvent ensuite écrire des ordonnances, fournir des conseils médicaux, corriger des diagnostics erronés et répondre à d’autres questions sur un mode personnalisé. MeraDoctor fournit également à ses utilisateurs une assurance maladie, ce qui en fait « un système entièrement nouveau de fourniture de services de santé », conclut Elizabeth Rhyne.

Enfin, Opportunity International, qui avait créé il y a plusieurs années une société de micro-assurance appelée MicroEnsure, a lancé une activité d’assurance-maladie en Afrique et en Asie. MicroEnsure fournit maintenant à des personnes à faible revenu une assurance contre les inondations, la sécheresse, l’hospitalisation et même le décès. Au Ghana, MicroEnsure offre une assurance-maladie et une assurance-décès aux clients d’AirTel, un des principaux fournisseurs de téléphonie mobile du pays. Les clients d’AirTel peuvent obtenir une modeste couverture de santé et une petite assurance-décès, gratuitement, dans le cadre de leur abonnement, offert en collaboration avec une compagnie d’assurance locale.

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Cet article a été publié en avril 2014 par Knowledge@Wharton, sous le titre “Microfinance: learning from developing countries, and past experience.” Copyright Knowledge@Wharton. Tous droits réservés. Traduit et publié sur autorisation.

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