Nourrir plus de 9 milliards d'individus à l'horizon 2050 dans un cadre de développement durable n'est pas impossible, mais seulement sous réserve que certaines conditions soient remplies. Parmi celles-ci, mettre en place des mécanismes permettant de limiter l'instabilité des prix agricoles, augmenter la production agricole dans le respect des exigences du développement durable, réduire les pertes et les gaspillages à tous les stades, de la sortie du champ à l'assiette du consommateur, et sécuriser les échanges agricoles internationaux.

Comment nourrir plus de 9 milliards d’individus à l’horizon 2050 tout en préservant les écosystèmes ? Simple dans son énoncé, le défi est cependant difficile à relever.

Produire plus et mieux
Le défi ne saurait se limiter à la satisfaction théorique des besoins quantitatifs alimentaires de la planète. Il s’agit plus largement de permettre à toutes les populations d’accéder à une nourriture suffisante sur le plan quantitatif, abordable sur le plan économique, sécurisée d’un point de vue sanitaire et équilibrée sur le plan nutritionnel. Il ne saurait non plus se réduire aux seules dimensions « offre et demande » de biens agricoles et alimentaires. Le développement des systèmes agricoles et alimentaires doit nécessairement désormais s’inscrire dans une logique de développement durable. Il doit prendre en compte la raréfaction progressive des énergies fossiles, la nécessaire protection des ressources sol et eau, la préservation de la biodiversité et le changement climatique. Tout autant que produire plus, les agricultures du monde devront produire mieux dans le cadre de pratiques et de systèmes agricoles économes en énergies fossiles et respectueux des ressources naturelles. Elles devront aussi produire d’autres choses, d’une part, des biens énergétiques et industriels en substitution aux produits de la pétrochimie, et, d’autre part, des services territoriaux et environnementaux. Et il faudra également consommer différemment.

Affirmons le d’emblée : nourrir la planète dans le cadre d’un développement durable n’est pas impossible, à condition toutefois que certaines conditions soient remplies. Parmi ces conditions, la limitation de l’instabilité excessive des cours agricoles, le développement durable de l’offre agricole mondiale, la réduction des pertes et des gaspillages à tous les maillons de la chaine alimentaire, et le développement sécurisé des échanges internationaux.

Eviter les variations excessives des prix agricoles
Dans le contexte séculaire d’une croissance de la production agricole mondiale supérieure à celle de la population mondiale, les prix des matières premières agricoles ont pu décliner en termes réels tout en connaissant des épisodes ponctuels de hausse brutale, à l’occasion de la Première Guerre mondiale, au lendemain de la Seconde ou pendant les chocs pétroliers des années 1970 et 1980, suivis de corrections à la baisse tout aussi rapides. L’épisode 2007-2009 de hausse puis de baisse des cours ne fait pas exception.

En pratique, la hausse des prix agricoles qui s’est produite de la fin de l’année 2006 aux premiers mois de l’année 2008 est le résultat de facteurs conjoncturels. Ils ont joué simultanément à la baisse sur les volumes offerts (accidents climatiques, politiques restrictives à l’exportation), et à la hausse sur les quantités demandées (dépréciation du dollar US, encouragement des importations) et les coûts de production (hausse du cours du pétrole et des prix des engrais). Tout ceci dans un contexte décennal de faible dynamisme de la production et d’augmentation de la demande alimentaire et de la demande non alimentaire du fait du développement des biocarburants ; sans oublier la spéculation sur les matières premières agricoles. La correction brutale qui est intervenue à compter du printemps 2008 s’explique alors par un retournement de plusieurs influences : climat favorable dans plusieurs zones de production, appréciation du dollar US et diminution du cours du pétrole. Par ailleurs, les niveaux élevés des cours agricoles en 2006 et 2007 ont incité les producteurs à accroître les surfaces cultivées au détriment des jachères ou de terres auparavant consacrées à la forêt ou à la prairie (en Amérique latine, notamment au Brésil, mais aussi en Asie du Sud-Est et en Afrique sub-saharienne) ; ils ont également conduit les agriculteurs à chercher les rendements les plus élevés. Dans ce contexte de dynamisme retrouvé de l’offre, l’ajustement à la baisse des prix agricoles a permis aux pays de mettre fin à leurs politiques d’encouragement des importations ou de restriction des exportations. Et si aujourd’hui (premier semestre 2010) les prix sont toujours à de bas niveaux, c’est du fait de la crise économique et de l’atonie de la demande mondiale qui en résulte.

Quelles leçons retenir de l’épisode 2007-2009 ? En premier lieu, la grande variabilité à la hausse comme à la baisse des cours agricoles, On peut parier sans grand risque sur une forte volatilité des cours agricoles au cours des dix ou vingt prochaines années. Cela exige de réagir par la mise en place de dispositifs publics et privés, coordonnés au niveau mondial, de gestion ex ante et ex post de ces risques de prix et de leurs conséquences (stocks internationaux d’urgence, réserves physiques et virtuelles gérées par une instance internationale indépendante, diminution des quantités de céréales et d’oléagineux utilisées pour nourrir les animaux ou produire des biocarburants dans les régimes d’offre insuffisante relativement à l’ensemble des demandes solvables, etc.). Pour autant, le bas niveau actuel des prix agricoles ne doit pas laisser croire qu’une augmentation de la production agricole mondiale n’est pas nécessaire : d’abord parce qu’il faudra nourrir plus de 9 milliards d’êtres humains en 2050, ensuite parce que la plus grande part de la croissance démographique sera le fait des pays en développement (PED) où l’agriculture peut, et doit, jouer un rôle moteur dans le développement économique, et dans le développement des zones rurales plus particulièrement.

Six leviers

Six leviers peuvent être proposés pour accroître la production agricole disponible : augmenter les terres cultivées, accroître les rendements, réduire les pertes post-récolte, faire plusieurs cultures par an, associer différentes productions sur la même surface, et optimiser les usages des terres de façon à maximiser la production de calories par hectare à l’échelle de la planète.

On se limitera à citer les trois derniers leviers dans la mesure où les marges de progrès qu’ils représentent sont faibles : là où il est possible de réaliser plusieurs cultures par an, c’est déjà fait et l’extension à de plus grandes étendues se heurtera à des contraintes physiques, notamment en termes de disponibilités en eau dans un contexte de concurrence accrue sur cette ressource ; associer plusieurs productions sur une même surface peut présenter un intérêt, notamment sur le plan environnemental dans le cadre de systèmes agro-forestiers qui marient cultures et forêts, mais c’est davantage à l’échelle des territoires qu’il convient de réfléchir aux complémentarités environnementales entre cultures, productions animales et forêts ; quant à l’optimisation des usages des terres dans un objectif de maximisation à l’échelle de la planète de la production calorique par hectare de terres agricoles, y compris en réservant certaines surfaces à des usages non agricoles pour la fourniture de biens environnementaux (gestion de l’eau, captage du carbone et/ou préservation de la biodiversité), sa réalisation suppose une gouvernance mondiale des questions agricoles et environnementales plus qu’improbable. On consacrera donc un plus long développement aux trois premiers leviers.

Contrairement à une idée parfois répandue, il existe des terres disponibles pour une mise en culture sans empiéter sur les forêts et les espaces protégés, tout en tenant compte des terres perdues pour cause d’emprise humaine (urbanisation,…) à la hausse. Ces « réserves » foncières sont toutefois limitées et inégalement réparties, quasi nulles en Asie du Sud, au Proche et au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, nettement plus importantes en Amérique latine (Argentine, Bolivie, Brésil et Colombie) et en Afrique subsaharienne (Angola, République démocratique du Congo et Soudan). Mais dans ces zones, leur mise en culture se heurte souvent à plusieurs obstacles liés à leur moindre fertilité, au manque d’eau, à la topographie parfois difficile, à la défaillance des droits de propriété ou d’exploitation, etc.

De plus, la question de l’extension des surfaces cultivées à des fins alimentaires doit être replacée dans le cadre plus général des usages alternatifs des terres : production de biens alimentaires, fourniture de biens non alimentaires, industriels et énergétiques, en substitution aux produits issus de la pétrochimie, offre de services récréatifs et environnementaux, etc. Dans cette perspective, il est clair qu’il y a concurrence entre usages alimentaires et usages non alimentaires dès lors que ceux-ci mobilisent des surfaces qui pourraient être utilisées pour nourrir les hommes, directement ou indirectement via l’alimentation des animaux : c’est le cas aujourd’hui pour les biocarburants de première génération élaborés à partir de plantes sucrières, céréalières ou oléagineuses ; ce sera le cas demain pour les biocarburants de deuxième génération qui ne seront pas produits à partir de déchets, mais de plantes entières, annuelles ou pérennes, spécifiquement dédiées. Pour autant, faut-il condamner le développement des biocarburants ? A cette question, nous répondrons par la négative parce que les défis alimentaire et environnemental ne doivent pas occulter le défi énergétique lié à la raréfaction des ressources fossiles, en premier lieu le pétrole. Pour faire face au défi énergétique, il faut agir sur la demande en favorisant les économies d’énergie, et à l’offre en développant des alternatives au pétrole pour peu que celles-ci soient respectueuses de l’environnement et rentables d’un point de vue économique (cette rentabilité étant variable en fonction du cours du pétrole). Un soutien public au développement des biocarburants apparaît alors justifié au titre de l’aide à une industrie naissante qui ciblerait l’efficacité énergétique, environnementale et économique. Dans ce contexte, l’effort de recherche doit prioritairement porter sur les nouvelles générations des biocarburants (ressources ligno-cellulosiques des plantes terrestres, algues macro- et micro-cellulaires) dans la mesure où ils présentent des perspectives plus intéressantes que la première génération dans les trois dimensions énergétique, environnementale et économique.

Comme par le passé, c’est donc principalement par l’augmentation des rendements qu’il sera possible d’accroître les volumes produits (il faudra simultanément réduire les pertes et les gaspillages ; cf. infra). Mais il conviendra impérativement de corriger les erreurs antérieures d’une agriculture trop excessivement préoccupée de performances productives au détriment des performances environnementales. La nécessaire augmentation des rendements devra s’inscrire dans le cadre de systèmes agricoles économes en intrants et respectueux des ressources naturelles : l’agriculture du XXIème siècle sera intensive, économe et écologique.

Cette nouvelle agriculture reste pour une large part à inventer. Sa mise en œuvre exigera un investissement élevé dans la recherche et la recherche-développement. Les efforts de recherche porteront en premier lieu sur les aspects génériques en tirant profit des progrès prometteurs en matière de génétique, biotechnologies blanches et vertes, biologie et écologie prédictive, etc., comme des avancées spectaculaires en matière de génération, gestion et exploitation de très grandes masses de données. Ces progrès seront ainsi mobilisés pour diversifier les objectifs de sélection (résistance au manque d’eau, aux températures extrêmes, etc.), développer une meilleure connaissance des écosystèmes microbiens des sols ou parfaire notre connaissance des interactions génotype / environnement / et pratique agricole dans des conditions climatiques diversifiées et fluctuantes. Dans ce contexte, sans exclure a priori le recours aux plantes génétiquement modifiés (OGMs) pour peu que leur innocuité sur les deux aspects de l’environnement et de la santé soit assurée, on soulignera ici, d’une part, que ceux-ci ne constituent pas la solution miracle, et, d’autre part, que les objectifs mentionnés ci-dessus et OGMs ne sont pas synonymes : ainsi, la technique dite de sélection assistée par marqueurs permet déjà, sans modification génétique de l’espèce, une sélection plus rapide sur des traits plus nombreux et plus divers. Il convient donc de rester compétent et actifs dans le domaine des biotechnologies végétales pour garder une capacité d’adaptation et de développement.

Les efforts de recherche porteront également sur l’approche globale de système de production. Au lieu de chercher à modifier les milieux dans un objectif de maximisation de l’expression des potentialités des plantes et des animaux, il conviendra d’adapter les espèces, les variétés, les systèmes et les pratiques à la diversité des conditions locales, en tirant profit des services offerts par les écosystèmes. Cela exigera une plus grande diversité d’espèces et de variétés, un allongement des rotations, une diversification de la répartition spatiale des cultures, l’implantation de couverts végétaux et de cultures dérobées, une connectivité augmentée des infrastructures écologiques, etc.

Dans les pays du Sud, au-delà de la recherche et de la recherche-développement, les investissements dans les infrastructures viseront à permettre un accès accru à la mécanisation, à l’eau, aux engrais et aux produits de traitement des cultures ; elles cibleront aussi le stockage et le transport dans le double objectif de diminuer les pertes post-récolte et de faciliter un accès à des marchés plus larges sur des périodes plus longues.

De champ à l’assiette : réduire les pertes et les gaspillages

À la fin des années 1990, les producteurs agricoles de la planète produisaient en moyenne 4600 kilocalories végétales / habitant / jour. Sur ce total, environ 600 étaient perdues à la récolte ou juste après celle-ci, les pourcentages de pertes étant nettement plus élevés dans les pays en développement que dans les pays développés. Les 4000 kilocalories restantes étaient réparties entre l’alimentation animale pour 1700 (soit 43 %) et l’alimentation humaine pour 2300 (soit 57 %). Les 1700 kilocalories végétales utilisées pour l’alimentation des animaux ne permettaient d’obtenir que 500 kilocalories d’origine animale sous forme d’œufs, de produits laitiers ou de viandes. Sur les 2800 kilocalories végétales (2300) et animales (500) disponibles pour l’alimentation humaine, 800 étaient encore perdues aux stades de la distribution et de la consommation finale, les pourcentages étant à ce stade nettement plus élevés dans les pays développés que dans le monde en développement. Au total, sur les 4600 kilocalories végétales produites en moyenne pour chaque habitant de la planète, seules 2000 correspondaient à des consommations humaines effectives. Elles suffisent quantitativement, mais leur répartition est très inégale.

Cette décomposition met par ailleurs en lumière un levier puissant pour satisfaire les besoins alimentaires de la planète, celui de la réduction des pertes et des gaspillages, depuis le champ de l’agriculteur jusqu’à l’assiette du consommateur. La réduction des pertes à la sortie du champ suppose le contrôle des ennemis et des maladies des cultures et le développement des infrastructures de stockage, de transport et de marché. La diminution des pertes et des gaspillages aux stades de la distribution et de la consommation finale requiert pour sa part des changements profonds des modes de consommation et, peut-être, un assouplissement des réglementations sous réserve de garantir la sécurité sanitaire des biens.

L’offre calorique totale pourrait augmenter par réduction des productions animales au profit des cultures. Trois remarques sur ce point. D’abord, la baisse des consommations de produits carnés n’est souhaitable pour des raisons de santé que si elle est excessive ; c’est le cas pour une partie de la population aisée ; ce n’est pas le cas pour la vaste majorité des ménages, plus particulièrement dans les pays en développement où les rations alimentaires sont déficitaires en protéines. Ensuite, les productions animales sont aussi sources d’autres bénéfices, notamment dans les pays les plus pauvres de la planète qui ont un accès limité aux engrais minéraux et à la mécanisation : principale, si ce n’est unique, source de valorisation de nombreux espaces herbacés, apport d’engrais sous forme organique, traction animale, etc. Enfin, il y aurait danger à raisonner la question de l’équilibre entre productions animales et productions végétales à des fins alimentaires dans un cadre partiel qui négligerait les autres usages des terres (à des fins non alimentaires, environnementaux, récréatifs et urbains).

Enfin bien sûr, tout autant que la quantité calorique disponible en moyenne dans le monde, ce sont les conditions d’accès (prix, troubles politiques, …) et leur répartition qui importe.

Sécuriser les échanges internationaux de produits agricoles et agroalimentaires
La prospective Agrimonde (Cirad & Inra) met en évidence un accroissement substantiel des échanges mondiaux de produits agricoles et agro-alimentaires à l’horizon 2050. Aujourd’hui, les marchés agricoles internationaux sont étroits, segmentés et concentrés dans quelques pays, à l’exportation comme à l’importation. Demain, ils seront plus importants en volume mais toujours orientés dans la même direction, en provenance de certains pays de l’OCDE et latino-américains, à destination de l’Asie, du Proche et du Moyen-Orient et de l’Afrique.

Même dans l’hypothèse, souhaitable, d’une augmentation significative de la production vivrière locale, de nombreux PED auront toujours besoin de recourir aux importations pour assurer l’approvisionnement alimentaire de leurs populations. Le défi à relever est alors celui de la sécurisation des échanges agricoles. Celle-ci suppose une régulation à l’échelle mondiale de façon à garantir la sécurité des achats en cas de déficit d’offre et de prix élevés, le non-découragement de la production locale en période de prix bas, et, quelle que soit la situation des prix, la conciliation d’objectifs productifs et de protection accrue de l’environnement et des ressources naturelles. Les deux premiers points nécessitent des dispositifs publics de stockage des denrées agricoles, physiques et virtuels (financiers), gérés à l’échelle du monde, et déconnectés des gouvernements et des firmes (à l’image, par exemple, des banques centrales). Le troisième point requiert une meilleure intégration des préoccupations environnementales dans les règles du commerce international et une réorientation de la recherche scientifique et technique de façon à minimiser les effets négatifs de la production sur les ressources naturelles.

Cette gouvernance mondiale renouvelée des échanges internationaux des produits agricoles et alimentaires peut paraître illusoire, voire utopique. Elle est pourtant indispensable. Il incombe de trouver avec les acteurs privés et les pouvoirs politiques des solutions de façon à éviter que ceux ne se retranchent inéluctablement derrière les échecs du passé en matière, par exemple, d’accords de stabilisation des cours de telle ou telle production (café, cacao, etc.) pour fuir leurs responsabilités.

Des idées aux actes : agir dans un monde incertain
Le défi alimentaire mondial est d’autant plus grand qu’il se double de très nombreuses incertitudes liées, notamment, à l’extension géographique des maladies émergentes humaines, animales et végétales, au changement climatique et à ses conséquences, et aux évolutions erratiques des économies. Ces incertitudes ont tendance à se multiplier et à s’accélérer. Dans ce domaine aussi, la recherche doit se mobiliser dans l’objectif de développer des systèmes agricoles et alimentaires plus résilients face aux évolutions tendancielles et aux variations.

Les incertitudes ne doivent pas être sources d’inaction. La sécurité alimentaire mondiale a certes gagné la bataille des idées, mais sa traduction en actes concrets (investissements, innovations, gouvernance mondiale, etc.) n’est pas encore à la hauteur des enjeux. En particulier, les institutions de la recherche agronomique dans le monde doivent redoubler d’effort et se mobiliser de façon coordonnée, en concertation avec les diverses parties prenantes (agriculteurs, industriels, consommateurs, acteurs de l’environnement ou du développement, etc.). La question de la sécurité alimentaire mondiale entendue au sens large, dans ses interactions avec les problématiques énergétique, environnementale et sociale, est désormais notre priorité.

C’est aujourd’hui que se décident les trajectoires qui permettront de garantir les approvisionnements alimentaires et énergétiques à plus long terme, et d’endiguer la dégradation des biens environnementaux. Dans un monde de ressources rares, le facteur le plus rare est sans doute le facteur temps !

Nourrir plus de 9 milliards d’humains en 2050 dans un cadre de développement durable est possible mais difficile. Cela pousse inéluctablement à agir dès maintenant. La recherche et la recherche-développement peuvent montrer la voie en proposant des solutions, mais cela ne saurait suffire. Pour gagner la course contre la montre du développement durable, la planète a besoin de courage politique partagé.

References

Academic
  • Cirad & Inra (J.M. Chaumet, F. Delpeuch, B. Dorin, G. Ghersi, B. Hubert, T. Le Cotty, S. Paillard, M. Petit, J.-L. Rastoin, T. Ronzon, S. Treyer), 2009, Agrimonde ; agricultures et alimentations du monde en 2050 : scénarios et défis pour un développement durable. Cirad & Inra, Paris, rapport final et note de synthèse de la prospective Agrimonde
  • Forslund A., Gauvrit H., Guyomard H., Mora O., 2010, Les utilisations non alimentaires de la biomasse et la concurrence pour l’utilisation des terres : belles promesses ou vraies craintes ? In Démographie, climat et alimentation mondiale, rapport de l’Académie des Sciences et de l’Académie d’Agriculture de France (à paraître)
  • Guyomard H., 2009, Expliquer les évolutions des cours des matières premières agricoles : à l’impossible nul n’est tenu !, OCL, vol. 15, n° 6
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