Un système d’enseignement secondaire Base|Zéro

Photo Jean Salmona / J&P Partners & ParisTech Review / April 14th, 2010

Comme tous les futurs articles de la série base|zéro, notre article inaugural est un exercice purement intellectuel. Il dessine ce que pourrait être une organisation de l'enseignement secondaire fondée sur une utilisation systématique des techniques de l'information actuellement disponibles, prenant en compte les enfants et les adolescents tels qu'ils sont aujourd'hui, et volontairement déconnectée des structures d'enseignement existantes.

A propos de la série Base|Zéro

Dans la quasi-totalité des pays, le système d’enseignement secondaire n’a guère évolué depuis la République d’Athènes, il y a plus de 2 000 ans : des « maîtres » s’efforcent de transmettre leur « savoir » à des groupes de disciples en s’adressant directement à eux dans des « salles de classe ». Les disciples écoutent et écrivent. Or, le « savoir » se situe aujourd’hui, pour une bonne part, hors du cerveau des « maîtres », dans des millions de bases de données facilement accessibles au moyen de moteurs de recherche. Par ailleurs, il existe bien d’autres moyens de transmission de l’information que la voix humaine directe. Enfin et peut-être surtout, les jeunes gens à former sont plus enclins aujourd’hui, dans la plupart des pays, à se concentrer et à acquérir du « savoir » en dialoguant avec un écran d’ordinateur qu’en écoutant un « maître » en vis-à-vis.

Bien sûr, les techniques nouvelles sont utilisées dans l’enseignement dans nombre de pays, mais seulement comme un moyen d’apport plus ou moins marginal à un système de structure inchangée et le principe reste le même : un maître parle à des disciples.

Un expert parfaitement logique et ignorant des structures actuelles
Supposons qu’un pays de notre Terre fasse appel à un expert de la pédagogie venant d’une autre planète —appelons-le Sirius—, d’une logique rigoureuse et totalement ignorant des structures actuelles de l’enseignement dans ce pays. Sa mission : définir, en faisant table rase les structures actuelles, un système d’enseignement qui prend les enfants à l’âge de 10-11 ans, capables de lire, écrire et compter, et possédant un minimum de connaissances du monde qui les entoure, et en faire, en sept années environ, des jeunes gens (objectifs donnés à titre d’exemple, qui peuvent changer selon les pays et leurs politiques d’éducation) :
• qui maîtrisent un ensemble de connaissances ;
• qui ont la capacité et le goût d’apprendre ;
• qui sont animés par la volonté d’innover et de créer ;
• qui ont intégré et fait leurs les valeurs de la collectivité nationale à laquelle ils appartiennent.

Sirius commencera par analyser les caractéristiques de la population concernée (les enfants de 10-11 ans). Il découvrira vraisemblablement ceci :
1. leur modèle d’apprentissage est très variable selon les individus et les matières : certains apprennent facilement et rapidement les langues vivantes ; d’autres les mathématiques, l’histoire ; d’autres encore apprennent tout facilement, certains ont de la difficulté à apprendre quelle que soit la matière, etc.
2. leurs vecteurs de communication favoris, donc les plus performants, sont la télévision, l’ordinateur, le téléphone mobile ; ils lisent peu de livres et les adultes ont de la difficulté à capter leur attention.
3. les seules activités pour lesquelles ils sont disposés à fonctionner en groupe sont, pour la grande majorité d’entre eux, les activités sportives et les réseaux sociaux sur Internet (comme Facebook, MySpace, etc.).
4. en dehors du sport, c’est pour les jeux vidéo que leur sensibilité à l’émulation est maximale ; elle est quasi-nulle, en revanche, pour les matières enseignées : dans un groupe d’adolescents, rares sont ceux qui sont passionnés par la concurrence avec leurs camarades en mathématiques ou en lettres ; au contraire, la pression du groupe s’oppose en général à l’apprentissage et conduit à un nivellement par le bas.
5. le fait d’être en groupe dans une salle de classe ne facilite ni leur concentration ni leur capacité d’apprentissage (sauf dans de rares exceptions de classes homogènes de haut niveau) ; en revanche, devant un écran d’ordinateur, ils se concentrent et apprennent vite si l’objet de leur apprentissage est ludique et excitant, ce qui est le cas des jeux vidéo.
6. leur capacité à écouter un adulte pendant plus de quelques minutes est fonction, pour une bonne part, du charisme et de la « séduction » de cet adulte, c’est-à-dire de sa propre capacité à capter l’attention d’un auditoire d’adolescents et à le tenir sous son charme (au sens magique du terme).
7. leur faculté d’apprentissage est d’autant plus grande qu’ils se sentent plus autonomes ; mais leur réelle capacité d’autonomie est faible à l’âge de 10 ans et croîtra avec leur maturité.
8. tout adolescent a besoin de se confronter à un « modèle » humain adulte pour construire sa personnalité.
9. le contrôle de l’acquisition des connaissances et des valeurs ne peut être confié à la seule intervention d’un logiciel et doit être mené par un expert humain, pour trois raisons : (a) un contrôle informatique est grossier et appauvrissant, même lorsqu’il est plus raffiné qu’un simple QCM ; (b) il ne prend pas en compte la personnalité de l’élève ; (c) enfin il n’est ni gratifiant ni véritablement crédible pour l’élève.

Définir les grands principes du système à bâtir
(a) L’hétérogénéité des capacités d’apprentissage entre élèves, et l’inégalité, pour un élève donné, entre ses capacités d’apprentissage des diverses matières, entraîne deux conséquences :
• L’apprentissage doit être individualisé et non réalisé à l’intérieur d’un groupe.
• Pour un élève donné, la durée de l’apprentissage d’un programme pour une matière donnée ne peut être fixée à l’avance. On peut encore moins définir des « programmes » multi-matières d’une durée donnée pour l’ensemble des élèves d’un groupe d’âge : comment deux élèves ayant, pour chaque matière, des capacités et donc des vitesses d’apprentissage différentes, pourraient-ils acquérir, dans le même temps, les connaissances fixées dans le programme? Ainsi, l’élève Alex de douze ans, habile pour les langues, se trouvera, in fine, maîtriser un niveau donné d’une langue, oralement et par écrit, en 8 mois, par exemple, tandis qu’un autre élève Jack mettra 12 mois pour atteindre le même niveau. En revanche, Jack, qui aime les mathématiques, pourra atteindre un niveau donné en deux fois moins de temps qu’Alex. Au total, si l’on conserve le principe de l’« année scolaire », par exemple, à la fin d’une année, les élèves d’une même classe d’âge se trouveront, si l’on respecte leurs capacités d’apprentissage individuelles, avoir atteint des niveaux différents les uns des autres dans les diverses matières.

(b) Comme les jeux vidéo présentent les avantages que l’on a vus en matière de concentration et d’apprentissage, Sirius va proposer de bâtir des jeux vidéo pédagogiques —mais de véritables jeux, aussi ludiques que ceux auxquels les adolescents se livrent, pour toutes les matières pour lesquelles cela est réalisable : tout d’abord pour les sciences exactes (mathématiques, physique, chimie, informatique, etc.), pour les langues (avec, pour l’oral, des jeux avec entrée vocale), et aussi pour l’histoire, la géographie, l’économie. En ce qui concerne les lettres, les jeux vidéo pourront jouer un rôle au moins dans l’apprentissage de la grammaire et de l’orthographe. Comme ces jeux vidéo peuvent être conçus et bâtis au niveau national, pour l’ensemble du pays, par des producteurs-éditeurs en concurrence, chaque élève aura le choix, pour une matière et un programme donnés, entre plusieurs jeux, et pourra choisir celui qui lui plaît le plus (notamment celui où il pourra le mieux s’identifier au personnage central).

(c) Pour initier l’élève à un sujet donné, avant l’apprentissage par jeux vidéo, Sirius proposera des « cours » sous forme de séquences vidéo ainsi définies :
• La durée d’une séquence doit être celle pendant laquelle l’attention de l’élève est maximale (mettons 15 minutes).
• Les séquences seront confiées, par les producteurs-éditeurs, à des intervenants choisis essentiellement en fonction de leur « séduction » et de leur capacité à garder un élève sous leur « charme » (comme évoqué précédemment). Sirius pourra même aller jusqu’à découpler l’intervenant du concepteur de la séquence, et faire présenter des séquences, conçues par des spécialistes, par des personnes connues et aimées de l’auditoire visé, tels que des acteurs (pour prendre un parallèle, Sirius notera que, pour l’initiation d’un enfant à la connaissance des instruments de musique, Pierre et le Loup de Prokofiev, dit par un comédien connu, est plus efficace qu’un cours ex cathedra dans une salle de conservatoire).
• La séquence comprendra des illustrations sous forme d’images fixes ou animées, de liaisons avec des sites Internet, etc. Pour une matière donnée, et, dans cette matière, pour un programme donné, l’élève aura le choix entre plusieurs vidéos disponibles et il choisira celle qui le séduit le plus. L’élève pourra « rejouer » une séquence aussi souvent qu’il le souhaitera.

(d) La participation de l’élève à un groupe est indispensable à son développement social. Sirius la concevra dans deux domaines :
• Dans le domaine réel : dans le sport et la musique ; tout comme dans la vie réelle, une équipe de sport ou un groupe musical ne seront pas constitués nécessairement par des élèves de la même classe d’âge.
• Dans le domaine virtuel : au sein de réseaux sociaux, dans des groupes d’intérêts communs. Ainsi, on peut imaginer que des élèves partageant le même intérêt pour une matière donnée, vivant dans des lieux différents (mais pouvant communiquer dans la même langue) se groupent et échangent (des informations sur tel ou tel jeu vidéo, par exemple). Sirius pourra même recommander que l’on incite les élèves à constituer de tels groupes, les plus internationaux possibles, de façon à habituer très tôt les jeunes gens aux échanges avec d’autres enfants de culture différente.

(e) Les élèves auront besoin de tuteurs pour les guider et les aider à s’organiser entre les diverses activités disponibles. Un tuteur ne sera pas spécialisé dans une matière donnée mais dans la pédagogie et la psychologie des adolescents. Sirius pourra proposer, par exemple :
• ou bien que chaque élève ait le choix entre plusieurs tuteurs, de personnalités assez différentes les unes des autres, et en choisisse un pour l’année (ce qui présente l’avantage de réduire la probabilité de rejet du tuteur par l’élève) ; un tel choix, fondé sur la seule empathie (et non sur un jugement rationnel), sera facile car il correspond bien au comportement des enfants et des adolescents ;
• ou bien que les élèves soient regroupés, après une analyse de leurs capacités d’apprentissage de quelques jours, en groupes relativement homogènes en ce qui concerne la ou les matières principales.

Les élèves qui auront le même tuteur (mettons une vingtaine) seront regroupés dans des cyber-classes, salles où chaque élève disposera de ses équipements (ordinateur, liaison Internet, etc.). L’apprentissage (séquences de « cours » vidéo, jeux vidéo, etc.) se fera ainsi dans la cyber-classe, sous le contrôle du tuteur, à l’exception de l’apprentissage oral des langues, et des travaux pratiques (physique, chimie, sciences naturelles, etc.) qui se dérouleront dans des lieux adaptés. Tout en lui laissant une assez grande latitude (croissante au fil du déroulement du cursus de 7 ans), le tuteur guidera l’élève dans son apprentissage, et veillera, en particulier, à ce qu’il ne néglige pas les matières qui l’intéressent le moins au profit des autres.

(f) Des « professeurs », spécialistes des diverses matières, disposant chacun d’un bureau, auront plusieurs fonctions :
• ils commenteront et développeront les « cours » des séquences vidéo. Dans ce but, et pour chaque matière, des trinômes (équipes de trois élèves) de capacité d’apprentissage de même niveau pour cette matière, seront constitués. L’évolution de l’apprentissage de chaque élève sera connu des tuteurs, qui seront ainsi à même de constituer ces trinômes. Les membres d’un trinôme n’appartiendront pas nécessairement à la même cyberclasse. Les séances professeur-trinôme seront de fréquences et de durées diverses selon les matières et la progression dans le cursus de 7 ans ; elles seront plus longues et plus fréquentes, par exemple, pour la littérature et la philosophie que pour les sciences exactes. Elles ne seront pas nécessaires pour toutes les matières.
• ils valideront l’acquisition des connaissances. Un élève qui considérera qu’il maîtrise un programme donné pour une matière donnée, prendra rendez-vous avec un professeur spécialiste de cette matière lorsqu’il se sentira prêt, en accord avec son tuteur, pour faire valider l’acquisition de ce programme. Il n’y aura pas de période spécifique pour ces validations, dont les échecs seront rares.
• ils seront à la disposition des élèves pendant l’ensemble de l’année, pour aider tout élève, à sa demande ou à la demande de son tuteur, à comprendre ou approfondir un sujet donné. Les rendez-vous seront pris par le tuteur de l’élève.

Organiser le système dans la vie courante
Sirius pourra définir plusieurs scénarios pour la mise en œuvre des principes sur lesquels est fondé le système ainsi conçu. Voici l’un, parmi de nombreux autres, des scénarios possibles.

Un établissement —Sirius l’appellera lycée— regroupera un nombre d’élèves assez élevé pour justifier des installations sportives et artistiques permettant aux élèves d’y passer tout leur temps. Si l’effectif d’une cyberclasse autour d’un tuteur est de 20 élèves et la durée moyenne du cursus de 7 ans (elle pourra être de 6 ans pour les élèves les plus rapides, de 8 à 9 ans pour les autres), l’effectif du lycée sera un multiple de 7*20=140, disons au moins de 840.

Ce mini-campus, situé dans la périphérie des agglomérations urbaines, sera accessible par transport scolaire dédié.
L’apprentissage en cyberclasse, encadré par le tuteur, se fera le matin. Les après-midis seront consacrés aux activités collectives (sport, musique) et aux travaux pratiques.

Les séances en trinôme et les rendez-vous individuels avec les professeurs auront lieu le matin et la deuxième partie de l’après midi. Les professeurs disposeront de la première partie de l’après midi pour analyser les séquences et jeux vidéo auxquels ils se référeront dans leurs entretiens.

Tout l’apprentissage se déroulant au lycée, Sirius n’imaginera ni devoirs à faire à la maison, ni leçons à apprendre.

Sirius imaginera sans doute, à l’image de ce qui se fait aujourd’hui dans tous les pays, une année scolaire et des périodes de vacances communes à tous les élèves d’un lycée, et même d’une ville ou d’une région, pour des raisons évidentes de cohésion sociale. Comme la progression des élèves dans les diverses matières sera hétérogène, le nombre d’unités de programmes validées en fin d’année scolaire sera variable d’un élève à l’autre pour une classe d’âge donnée. En outre, à la fin de l’année scolaire, la plupart des élèves auront commencé, dans certaines matières, l’apprentissage d’unités de programme sans avoir atteint le niveau où ils peuvent demander la validation, et cela malgré le rôle régulateur des tuteurs. L’apprentissage d’une unité de programme non validée sera donc poursuivi et validé l’année scolaire suivante.

Les inconvénients et dangers du système de Sirius et comment les pallier
Des quatre finalités proposées initialement pour le système pour chaque élève en fin de cursus — maîtriser un ensemble de connaissances, avoir la capacité et le goût d’apprendre, avoir la volonté d’innover et de créer, faire siennes les valeurs de la collectivité nationale — les deux premières sont bien respectées par le système défini par Sirius, la quatrième l’est si l’on veille à ce qu’elle soit bien intégrée dans les cours vidéo et prise en compte par les professeurs et les tuteurs ; la troisième ne l’est qu’en partie avec l’individualisation de la formation. Sirius veillera donc à pallier cette carence partielle par l’organisation d’ateliers de création —technologique, artistique, etc.

La confection des séquences et des jeux vidéo est centralisée, aux mains de producteurs-éditeurs privés. L’objectif à atteindre en fin de cursus est défini par les instances politiques nationales. La centralisation du matériel de formation présente, par rapport à la diversité que l’on rencontre chez les professeurs de l’enseignement traditionnel, l’avantage de l’homogénéité, mais aussi un danger majeur : celui du formatage. Dans une démocratie, Sirius recommandera que le cahier des charges des séquences et jeux vidéo soient définis, et leur réalisation contrôlée, par une commission associant les diverses composantes de la société civile et des partis politiques, pour assurer à la fois la neutralité des produits et une certaine diversité. Dans un régime politique non démocratique (parti unique, théocratie), le régime tirera un profit évident de la centralisation. Dans tous les cas, en matière pédagogique, une institution nationale de recherche pédagogique devra encadrer la confection des séquences et jeux, et les valider avant diffusion.

Le recrutement et la formation des tuteurs constituent un élément central pour le fonctionnement du système. Le fait que les tuteurs aient uniquement à encadrer le processus d’apprentissage pour chacun des élèves dont ils ont la charge, et l’assistance aux élèves, sans jouer de rôle dans la transmission des connaissances, rend leur sélection et leur formation relativement simple.

L’expression orale peut sembler sacrifiée, car les cyberclasses seront en général silencieuses. En réalité, les entretiens en trinôme avec les professeurs (chaque élève devrait avoir en moyenne 3 à 4 entretiens par semaine) obligeront en pratique chaque élève à s’exprimer, ce qui n’est pas possible dans des groupes de 20 à 30 élèves, et éviteront la pression négative du groupe évoquée plus haut.

L’écriture manuscrite, en revanche, risque d’être la grande perdante du système défini par Sirius, qui ne fera que se conformer à l’évolution générale des pratiques des sociétés contemporaines. Il appartiendra aux institutions politiques nationales de définir une politique à cet égard. Pour de multiples raisons, et pas uniquement culturelles, la pratique de l’écriture sera généralement considérée comme indispensable. Aussi, des travaux pratiques d’écriture devront être intégrés au cursus.

La lecture des livres, enfin, surtout celle des livres de fiction (romans, théâtre, poésie), constitue une composante majeure de toutes les civilisations. Le risque est grand de voir, dans un système tel que celui de Sirius, la lecture tomber en désuétude, ce qui est déjà le cas pour les adolescents dans la plupart des pays. On pourrait combattre ce danger, dans le système de Sirius, en imposant, dans les cyberclasses, sous le contrôle des tuteurs, un temps réservé à la lecture de livres-papier (et non de textes sur ordinateur ou de e-livres), par exemple les fins d’après-midi à l’issue du sport et des travaux pratiques.

Garçons et filles ne sont pas sur un pied d’égalité dans le système de Sirius : les garçons pratiquent plus les jeux vidéo que les filles, du moins aujourd’hui. Les filles, en revanche, sont plus attirées par les réseaux sociaux. Si cela se confirme, il conviendra d’en tenir compte, y compris dans les pays où l’enseignement mixte est la règle.

Le rôle des parents. Le système décrit ne met pas en jeu les parents dans le processus éducatif, du moins dans les matières enseignées. Il suppose la présence des élèves au lycée toute la journée, et écarte les devoirs à la maison. Bien entendu, il appartient aux parents de choisir de s’immiscer ou non dans le processus d’enseignement. Cela étant, le système de Sirius présente à cet égard l’avantage de réduire les biais et inégalités dus aux différences de niveau social et éducatif des parents.

——
Il est clair que le texte ci-dessus ne fait qu’effleurer les avantages et inconvénients du système de Sirius, qui, rappelons-le, est un exercice purement théorique destiné à stimuler la réflexion. Nous accueillerons d’autant plus volontiers les commentaires et réactions des lecteurs dans ParisTech Review que l’objet de la série base|zéro est précisément de provoquer le débat.

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  • http://www.internetactu.net/ Hubert Guillaud

    Forcément, on ne peut être d'accord avec tout ce qui est proposé dans ce scénario. Pour ma part, ce que je trouve très stimulant dans cette vision, c'est la manière d’utiliser le numérique comme levier de transformation notamment pour répondre à l’hétérogénéité des capacités d’apprentissages des élèves. C'est en tout cas là que la démonstration me semble la plus convaincante.

    Je suis beaucoup moins convaincu par la fin de l'article, sur l'organisation du système ou encore sur la centralisation de la production de contenu, notamment parce que les éditeurs n'ont pas jusqu'à présent fait la preuve que les contenus qu'ils pouvaient apporter étaient pleinement adaptés aux enseignements : les manuels comme les CD-Rom ou les jeux n'ont pas pleinement répondu aux attentes ou fait preuve de leurs capacités d'apprentissage et d'autonomie. Au contraire.

    Jean Salmona propose ici une bascule, forcément provocatrice. Dommage qu'il aille parfois un peu loin dans la provocation facile. Ne pas avoir de devoirs ou ne pas avoir des choses à apprendre (par coeur aussi parfois, ça fait du bien à la mémoire) ne s'oppose pas au développement d'apprentissages sous d'autres formes. Néanmoins, il montre bien que le numérique est devenu une culture et que c'est en l'utilisant (et non en l'ignorant) qu'on pourra relever les nouveaux défis de l'apprentissage du savoir, comme le dit François Jarraud dans le Café Pédagogique. http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/… Comme le dit encore Jean Heutte, toujours sur ce même numéro du Café Pédagogique, Jean Heutte, c'est dans l'écrire que les outils numériques révolutionnent les activités intellectuelles permettant de mieux objectiver sa pensée en se débarrassant de certaines difficultés liées à la production écrite (comme la calligraphie), facilitant la révision de texte (réécriture, reformulation) et permettant aux élèves d'avoir un travail toujours propre (valorisant et permettant la relecture). Et de ce côté là, les jeux, les vidéos et les contenus formatés par les éditeurs, n'aident pas nécessairement à apprendre par soi-même.

    Bref, il manque un peu d'équilibre dans la proposition… Mais on l'a compris, c'est pour faire réagir.

  • Julien

    Quelques remarques…

    D'abord, sur l'existence d'un joker magique. L'auteur semble supposer l'existence de jeux d'apprentissage efficaces. Il me semble que ce point, présenté comme mineur et allant de soi, est justement un peu le graal de l'éducation d'aujourd'hui. Si on admet celà, tout le reste de l'article devient de l'emballage consensuel d'une potion magique qui reste à trouver.

    Ensuite, il manque (au moins!) une observation chez Sirius: pour certaines choses on apprend mieux d'un débutant qui vient d'apprendre que d'un expert (prof ou autre). Cette observation est pour l'instant largement ignorée dans l'enseignement réel, et reste anecdotique dans cet article. On évoque bien des réseaux sociaux, mais le système de “tuteur” fait encore référence à un expert.
    Il est dommage de ne pas faire apparaître de système de tuteur élève, comme un élève avancé aidant un élève moins avancé.

    Par contre j'ai beaucoup aimé la notion de choisir les profs selon leur charisme… il y aurait une piste à creuser, et qui présente l'intérêt d'être fortement dissonante de notre système actuel(!).
    Par contre, attention, une personne charismatique qui dit une fasseté ou une approximation peut faire beaucoup de dégats dans un apprentissage (notamment dans les matières où les affirmations sont plus difficiles à démentir, comme l'histoire).

  • Sophie

    “Dans la quasi-totalité des pays, le système d’enseignement secondaire n’a guère évolué depuis la République d’Athènes, il y a plus de 2 000 ans : des « maîtres » s’efforcent de transmettre leur « savoir » à des groupes de disciples en s’adressant directement à eux dans des « salles de classe ». Les disciples écoutent et écrivent.”

    Votre article est imaginatif et stimulant, il peut alimenter une vraie discussion sur les innovations à venir et nombreux sont actuellement les enseignants qui expérimentent toutes sortes de dispositifs avec leurs élèves. Ils auraient sans doute plaisir à discuter vos propositions, mais encore faudrait-il éviter de les renvoyer tous dans une zone indifférenciée de pédagogie grise.
    En effet, pourquoi commencer par une affirmation aussi imprudente ? Votre ignorance de l'histoire des institutions éducatives et des multiples modalités pédagogiques est tout à fait excusable – on ne saurait être spécialiste en tout. Mais il aurait été plus exact au regard de la vérité des faits et plus respectueux à l'égard de tous ceux pour qui cette histoire a un sens, de dissimuler cette ignorance par une entrée en matière tout à fait à l'opposé. Voici ce que je vous suggèrerais :
    “Les formes de transmission des connaissances, depuis l'Antiquité, n'ont cessé de se transformer, faisant l'objet de conflits parfois rudes, généralement oubliés, entre des modèles fort différents. C'est cette histoire mouvementée que relate, par exemple, le grand livre classique d'Emile Durkheim, L'évolution pédagogique en France.
    Rien ne nous oblige donc à croire que la forme scolaire actuelle, stabilisée d'ailleurs de façon assez récente, doive s'imposer encore longtemps alors qu'elle craque manifestement de partout.”
    Et voilà, le tour est joué, vous pouvez ne rien connaître à l'histoire ni aux pratiques professionnelles de tout un corps de métier, mais ce n'est pas grave, et on n'a plus qu'à vous lire, avec grand intérêt, sans vous prendre pour un plouc.

  • http://solution2continuite.wordpress.com/ jp jacquel

    L’essai se veut provocateur ? J’ai été un peu déçu… D’abord il commence plutôt mal en faisant remonter le système actuel à 2000 ans. La fonction ne se réduit pas à la forme, le fait qu’un adulte parle devant des jeunes n’implique pas que les systèmes soient identiques. D’abord les élèves de Platon n’étaient pas des gamins. Ensuite la vocation de l’éducation ne vise plus vraiment au « connais-toi toi-même » ou à la formation du sage mais bien à celle de citoyens responsables et d’agents économiques performants. Grosso modo le système français a été créé par le Premier Empire qui avait besoin de fonctionnaires pour remplacer l’aristocratie d’Ancien Régime et il a été adapté à la Révolution industrielle par la 3e République. Quand à la période la plus récente elle est marquée par la nécessité de faire atteindre un niveau de formation élevé à une majorité de jeunes. « 80% de réussite au bac » est un slogan qui aurait certainement laissé le vieux Platon un tantinet rêveur…

    Amusant aussi de voir comme ce texte est finalement respectueux des structures établies sous ses aspects révolutionnaires. Par exemple la permanence de l’établissement scolaire en tant que lieu d’enseignement n’est pas remise en cause, alors que les jeunes utilisent abondamment les outils de communication, que Second Life propose une plate-forme potentielle déjà très utilisée par des écoles aux Etats-Unis, que Facebook et MSN servent aux adolescents pour faire leurs devoirs ensemble. Si je cite cet exemple c’est que j'ai eu l'occasion d'en toucher un mot dans un billet récent ( http://solution2continuite.wordpress.com/2010/0… ).

    De même l’esprit du Web 2.0 semble un peu absent quand le processus d’élaboration des contenus débouche sur rien moins que la constitution d’une instance nationale et consensuelle. Tant qu’à vouloir révolutionner le système pourquoi ne pas faire voler en éclats les structures qui portent la responsabilité des plus fortes pesanteurs ? Pourquoi toutes les écoles poursuivraient-elles un même but, pourquoi ne pas laisser aux élèves la possibilité d’inventer eux-mêmes leur corpus et leur parcours avec, par exemple, l’aide de tuteurs (comme ceux dont parlent l’article), de coachs ou de conseillers ?

    Quand à l’idée de faire pratiquer la leçon par des acteurs ou des personnalités disposant d’un certain charisme je reconnais que ce pourrait être une solution intéressante pour le problème des intermittents du spectacle, mais c’est pédagogiquement aussi efficace que ces collèges anglais qui remplacent les profs par des videurs de boîtes de nuit histoire d’avoir des classes tranquilles ( http://www.independent.co.uk/news/education/edu… ).

    Un cours efficace est un cours où il y a dialogue entre l’enseignant et ses élèves, un cours passionnant est celui où le prof pense devant ses élèves et avec eux, interroge les contenus et les notions. Là, il est clair que c’est avec tout l’ennui qui hanta ses cours de lycée que Jean Salmona règle ses comptes, on le comprend, on l’excuse mais il existe d’autres façons d’apprendre, et de meilleures, que d’assister à un cours magistral, fut-il chanté par Lady Gaga.

    Autre préjugé d’adulte, l’idée selon laquelle on ne peut faire évaluer un élève par une machine. Voilà longtemps que certains logiciels ont réussi le test de Turing, du moins pour l’utilisateur lambda. Les élèves leur font assez confiance pour accorder du crédit aux tests de personnalité de Facebook, pourtant d’une indigence crasse. De plus l’ordinateur est totalement insensible à la coupe de cheveux, à la tenue vestimentaire, à l’allure insolente qui influencent un évaluateur humain. L’ordinateur ne pratique ni le sarcasme, ni l’ironie facile et les ados ont à leur contact plus l’impression d’être évalués et moins celle d’être jugés. Pour toute évaluation qui ne requiert pas une analyse trop complexe de la prestation du candidat, l’ordinateur fait, au moins, jeu égal avec un enseignant.

    Voilà pour un texte qui se voulait quelque peu provocateur, il est clair que dans ce domaine là on pouvait faire mieux sans beaucoup de difficultés. Pas de réelle réflexion sur la pédagogie, pas assez d’implications des technologies en voie d’émergence, trop peu pour l’esprit web 2.0. Les Extra-Terrestres ne sont plus ce qu’ils étaient et Micromegas est mal informé. Puis-je vous suggérer de jeter un œil à cette vidéo autrement stimulante ( http://www.youtube.com/watch?v=-P2PGGeTOA4 ).

    Mon sentiment c’est que le texte de Jean Salmona est moins une véritable tentative pour rénover l’enseignement que le cri d’angoisse d’un parent d’élève inquiet de voir ses enfants fréquenter une institution en voie de rapide ringardisation, doublé d’un ancien élève intelligent et donc frustré. Là, nous pourrions trouver un point d’accord.

  • Yves

    Il y a dans cet article pas inintéressant un certain nombre d'axiomes de base qu'il serait bon de poser comme tels.Il me semble que ces axiomes sont pour certains parfaitement illusoires.

    > le « savoir » se situe aujourd’hui, pour une bonne part, hors du cerveau des « maîtres », dans des millions de bases de données facilement accessibles au moyen de moteurs de recherche.
    Le savoir exclusivement dans le cerveau des maitres, c'est le compagnonage et lui seul. Il y a longtemps que ce n'est plus le cas. L'imprimerie, Diderot et D'Alembert y sont pour beaucoup je pense. Internet ne facilite que l'accès à un savoir diffus et non organisé, dans lequel seuls des spécialistes peuvent organiser les chemins d'apprentissages.

    > leurs vecteurs de communication favoris, donc les plus performants
    Le “donc” est en trop. Rappelez vous qu'Obama a envoyé ses partisans chez les gens et ne s'est pas contenter de ces vecteurs soit-disant les plus performants.

    > devant un écran d’ordinateur, ils se concentrent et apprennent vite si l’objet de leur apprentissage est ludique et excitant, ce qui est le cas des jeux vidéo
    Et donc il ne faut pas les entrainer à se concentrer sur des objets moins ludiques? Il y a beaucoup de métiers peu passionants dans lesquels on a besoin de se concentrer.
    Par ailleurs Platini est resté célèbre pour ses coups francs, ce sont des heures d'entrainement aux manequins assez peu passionantes jusqu'à prendre plaisir avec la maitrise. Je pense que la bonne question reste du domaine de la motivation, pas de l'excitation.

    > tout adolescent a besoin de se confronter à un « modèle » humain adulte pour construire sa personnalité.
    Et donc vous diminuez le rôle des adultes compétents pour les remplacer par des ordinateurs. Est-ce cohérent ?

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  • http://www.paristechreview.com/ Jean Salmona

    Je suis frappé par la richesse des réactions. Voici quelques observations que ces commentaires ont fait naître.

    1.L’objectif des articles « Base Zéro », dont celui-ci est le premier de la série, est de provoquer le débat, non sur des propositions d’évolution d’un système tel qu’il existe aujourd’hui, mais sur une construction purement intellectuelle. Cette idée est née d’une anecdote que voici.

    Il y a longtemps, dans les années 1980, j’avais rendu visite à un ami, chargé des nouvelles technologies au cabinet du ministre (socialiste) de l’Education Nationale. Je lui avais proposé de lancer une mission sur ce que pourrait être non le système d’enseignement de l’époque qui utiliserait de manière systématique les nouvelles technologies de l’information, mais un système nouveau et révolutionnaire qui serait conçu à partir de zéro en fonction des seules technologies disponibles, en faisant fi des contraintes notamment sociologiques. Sa réponse fut brève : « tu ne feras rien sans les syndicats et sans l’inspection générale ; or, tu ne pourras rien faire avec les syndicats et l’inspection générale. Conclusion : ce n’est pas la peine d’essayer. »
    D’où l’idée de faire rédiger ces exercices intellectuels par des auteurs qui, non seulement n’appartiennent pas aux institutions du système – c’est évident – mais qui n’en sont pas des experts ; en un mot, qui n’ont pas de position, corporatiste ou intellectuelle, à défendre. C’est pour cette raison que nous n’avons pas fait appel à un enseignant ni même à un spécialiste de la pédagogie pour cet article, et que nous avons l’intention de faire de même pour les autres articles de la série…

    2. Bien sûr, malgré les précautions oratoires, le lecteur ne peut s’empêcher de lire cet article avec une grille de lecture qui se réfère au système d’enseignement existant dans son pays, et de réagir comme s’il s’agissait d’une proposition d’évolution de ce système.

    3. Un des principaux objectifs sous-jacents de l’article est de s’affranchir des inégalités. Ainsi :
    - le système proposé n’oblige pas tous les élèves à apprendre au même rythme, ce qui est source de frustrations soit pour les plus lents, soit pour les plus rapides, mais permet à chacun d’apprendre, dans chaque matière, en fonction de son rythme propre ;
    - en instaurant la journée pleine en milieu scolaire, et en supprimant les devoirs et leçons « à la maison », il réduit les inégalités liées aux différences sociales ;
    - la suppression des professeurs « enseignants » gomme une des inégalités majeures de l’enseignement classique, liée à la différence de capacité pédagogique et de charisme entre les enseignants. La centralisation du matériau pédagogique (cours vidéo, jeux, etc.) participe à cette égalité, tout en évitant le formatage grâce à la diversité de l’offre (privée).

    4. Les remarques sur l’incapacité des éditeurs à produire des jeux d’apprentissage convenables sont fondées sur la situation actuelle, avec un marché très faible pour ces jeux. On peut parier que les grandes maisons d’édition d’ouvrages pédagogiques (comme Nathan en France, Houghton – Mifflin aux US) seraient tout à fait capables de produire des jeux éducatifs de qualité, à partir de cahiers des charges précis, si le marché justifie des investissements massifs.

    5. Un des arguments les plus convaincants porte sur le fait que le système proposé, fondé sur la liberté de choix des élèves et le caractère ludique de l’apprentissage, n’incite pas à la concentration et à l’acceptation de la contrainte, nécessaires dans la vie professionnelle future. Implicitement, le système de Sirius renvoie cet apprentissage de la concentration et de la contrainte à l’enseignement supérieur, quand les élèves seront plus mûrs. Mais c’est là un pari.

    6. Enfin, je rassure les lecteurs qui m’ont fait l’honneur de commenter mon article : je ne suis pas un parent d’élève inquiet (mes enfants, majeurs, ont mené à bien leurs études supérieures) ni un ancien élève frustré. Mais je dois dire – qui peut s’affranchir de son expérience personnelle ? – que, ayant eu la chance d’avoir, dans le secondaire, trois professeurs exceptionnels parmi une foule d’enseignants tous de bonne volonté mais souvent sans charisme ou peu motivés, j’ai été frappé par l’avantage que ces enseignants exceptionnels conféraient à leurs élèves non seulement pour leur apprentissage scolaire, mais pour la vie, par rapport à ceux qui n’avaient pas eu la chance d’avoir des maîtres de la même qualité.

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  • l’optimiste

    Je découvre avec des mois de retard et tout à fait par hasard cet article très intéressant et novateur, voire réformateur, en tout cas dans sa première partie. Il commence, quelle gageure, avec le parti pris de modifier le mode d’enseignement “moderne” ou plutôt actuel en lui reprochant son manque d’évolution depuis 2000 ans et donc d’adaptation au monde moderne.

    Notons au passage que les évolutions auxquelles l’auteur fait référence (ordinateur, tv, réseaux sociaux, internet) qui ont considérablement accéléré au cours des dernières années, ne datent pas de 100 ans mais plutôt des 30 voire des 10 dernières années. L’analyse des caractéristiques actuelles de enfants et adolescents, la population concernée, est intéressante et des grands principes du système à bâtir bien étudiée. Une attention toute particulière devra bien entendu être apportée au choix des rédacteurs-producteurs-éditeurs des jeux vidéo qui serviront de base à ces enseignements, notamment pour éviter les clichés, stéréotypes voire «d’erreurs » et/ou d’oublis de certains de nos manuels scolaires actuels ou passés.

    Quand on voit la fascination de nos enfants pour tous les écrans, on peut se demander si nos plus jeunes (moins de 10-11 ans) ne pourraient pas eux aussi profiter de certaines de ces méthodes pour l’acquisition de la lecture et des langues.

    Les idées novatrices révolutionnent les méthodes actuelles et font preuve d’une certaine bravoure pour notre système français, provoquent, ont noté plusieurs commentateurs. Il est à noter cependant que certaines de ces méthodes sont déjà en vigueur aux Etat-Unis. Vos suggestions sur leur application dans la vie courante sont pour le coup complètement plates, dénuées d’innovation, de créativité, de remise en cause des stéréotypes et du système actuel. Quelle déception, cela mérite vraiment d’être retravaillé !

    On y trouve des lycées, des salles de classes (pardon de cyberclasses !) de 20 élèves ; apprentissage le matin, sport et musique l’après-midi ! Là encore pardon, c’est vrai qu’en France cela ferait moderne mais c’est ce que font déjà tous nos pays voisins, voire presque tous les pays du monde, même si pour nous ca changerait ! Avec des périodes de vacances 3 ou 4 fois par an, à creuser : à la française ou comme dans la plupart des autres pays du monde ? Pas de devoir le soir, gros pavé dans la marre des différences sociales ; la formation et le recrutement des tuteurs, qui ne seront plus des enseignants, serait simple, banalisation regrettable et dangereuse, comme celle des profs aujourd’hui, des adultes qui peuvent considérablement influencer nos enfants et leur avenir ; seule différence entre les garçons et les filles, l’attirance des premiers pour les jeux vidéo, qui, si j’ai bien compris l’article, seront la base de toutes les nouvelles acquisitions. Là encore une attention toute particulière devra être apportée sur les méthodes (la forme) et les thèmes (le fond), de façon à ce qu’ils et elles soient suffisamment variés et divers pour plaire et être accessibles aux plus grands nombres dans toutes leurs diversités (pas seulement au mâle caucasien).

    Vous indiquez que les grands sacrifiés de ces méthodes seront l’expression orale, ce qui n’est même pas imaginable dans notre monde de communication et il faudra y pallier ; l’écriture manuscrite, certes, mais qui écrit encore avec un stylo de nos jours ? Nos enfants savent tous taper sur un écran dix fois plus vite que nous et c’est bien cela qui importe ; la lecture des livres, encore une tarte à la crème et un anachronisme énorme entre vos méthodes novatrices et d’odieux relents de passéisme : sous prétexte qu’ils ne lisent plus de livres papiers, nos enfants ne lisent plus. Mais ils passent leurs journées à lire et à écrire sur leurs écrans. L’important est bien qu’ils lisent les grands classiques et acquièrent la culture que nous souhaitons leur transmettre (et un peu d’orthographe aussi au passage). Pourquoi les obliger dans leurs cyberclasses à lire des livres papiers alors qu’ils liront avec plus de plaisir leurs reproductions sur écrans ou e-livres ? Pourquoi leur imposer nos outils, qui finiront un jour ou l’autre au musée, et non pas les leurs ?

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